les signaux de fumée
quelle mouche me pique
me lacère pour dix sacs
à coups secs de grands bris de carreaux
des lambeaux de mon cœur
puisque presque tous les gestes
les élans de l'envie
m'ont repris
aller marcher pieds nus
sur le mur de la nuit
la tête renversée
sur les toits arrondis
des maisons un peu hautes
refaire mon p'tit numéro
de noctambule refroidi
par les couches de glace de la vie
j'irai m'rouler par terre
ou bien j'crèverai l'eau des flaques
juste après la pluie
j'accrocherai au dos
des gens tristes des gens vieux
des grimaces des hélices des gros lots
des risettes à gogo
j'ai des rêves de partance
des images qui reviennent
comme des vagues
ou des appels-radio
pour lécher le sable trop chaud
de tas d'grèves
dans un état grave
des désirs de bateaux
de voiliers inhumains
qui troueraient
la tache ronde du soleil
sur la toile molle de l'horizon humide
avaler un alcool qui rende fou
ou très beau
me prom'ner sous l'orage
avec des habits des voyages
qui me collent à la peau
courir entre les arbres
et tomber
m'allonger sur la mousse
peut-être même y chanter
et puis près des fontaines
pour les passants neufs ingénus
faire un brin de causette
un tuyau d'arrosage
avec mon bras comme un arc tendu
mais l'enfance est en face
elle est déjà passée de cet autre côté
sitôt qu'elle a vu
les valises
qui pendaient sous mes yeux
elle a plié bagages
fermé la grande malle
aux adieux
et pour les cheveux en moins
ceux qui ne repousseront plus
parce qu'Attila leur est passé dessus
rien qu'un haussement d'épaules
pas l'ombre d'un regret
l'enfance s'en est allée
elle a tourné la page
les talons
vers les coins sombres
les premières saisons
elle s'est payée le luxe
avec ses gants d'boxe
de m'envoyer renifler
le tapis
uppercut décoché en plein virage
un tournant de ma vie
direction le cimetière marin
et les fonds aquatiques
des souvenirs anciens
j'voudrais quand même encore
laisser un message
avant d'casser ma pipe
une dernière fois parler
après le bip
trouver le bon mot le ton juste
la réplique cinglante
en petites coupures
enfin un discours aussi paresseux
qu'un chat
avec sa bobine de fil bleu
mais la lumière du soir redescend
elle dessine sur le verre
des reflets pâles
et des solstices d'hiver
d'ailleurs il suffit pour comprendre
de pencher la tête
du côté passager
le ciel n'a qu'une ride
qu'on appelle la lune
et c'est la seule coquetterie
que l'homme et la femme
veulent encore décrocher
me lacère pour dix sacs
à coups secs de grands bris de carreaux
des lambeaux de mon cœur
puisque presque tous les gestes
les élans de l'envie
m'ont repris
aller marcher pieds nus
sur le mur de la nuit
la tête renversée
sur les toits arrondis
des maisons un peu hautes
refaire mon p'tit numéro
de noctambule refroidi
par les couches de glace de la vie
j'irai m'rouler par terre
ou bien j'crèverai l'eau des flaques
juste après la pluie
j'accrocherai au dos
des gens tristes des gens vieux
des grimaces des hélices des gros lots
des risettes à gogo
j'ai des rêves de partance
des images qui reviennent
comme des vagues
ou des appels-radio
pour lécher le sable trop chaud
de tas d'grèves
dans un état grave
des désirs de bateaux
de voiliers inhumains
qui troueraient
la tache ronde du soleil
sur la toile molle de l'horizon humide
avaler un alcool qui rende fou
ou très beau
me prom'ner sous l'orage
avec des habits des voyages
qui me collent à la peau
courir entre les arbres
et tomber
m'allonger sur la mousse
peut-être même y chanter
et puis près des fontaines
pour les passants neufs ingénus
faire un brin de causette
un tuyau d'arrosage
avec mon bras comme un arc tendu
mais l'enfance est en face
elle est déjà passée de cet autre côté
sitôt qu'elle a vu
les valises
qui pendaient sous mes yeux
elle a plié bagages
fermé la grande malle
aux adieux
et pour les cheveux en moins
ceux qui ne repousseront plus
parce qu'Attila leur est passé dessus
rien qu'un haussement d'épaules
pas l'ombre d'un regret
l'enfance s'en est allée
elle a tourné la page
les talons
vers les coins sombres
les premières saisons
elle s'est payée le luxe
avec ses gants d'boxe
de m'envoyer renifler
le tapis
uppercut décoché en plein virage
un tournant de ma vie
direction le cimetière marin
et les fonds aquatiques
des souvenirs anciens
j'voudrais quand même encore
laisser un message
avant d'casser ma pipe
une dernière fois parler
après le bip
trouver le bon mot le ton juste
la réplique cinglante
en petites coupures
enfin un discours aussi paresseux
qu'un chat
avec sa bobine de fil bleu
mais la lumière du soir redescend
elle dessine sur le verre
des reflets pâles
et des solstices d'hiver
d'ailleurs il suffit pour comprendre
de pencher la tête
du côté passager
le ciel n'a qu'une ride
qu'on appelle la lune
et c'est la seule coquetterie
que l'homme et la femme
veulent encore décrocher
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8 commentaires
debbie · le vendredi 22 mars 2019 à 20:21
Belle soirée à toi
Amitié
Debbie
rivaudais · le vendredi 22 mars 2019 à 23:15
cristalle · le samedi 23 mars 2019 à 16:02
Magnifique "prose poétique ",j'aime beaucoup le style et l' image à la fin:"le ciel n'a qu'une ride qu'on appelle la lune et c est la seule coquetterie que l'homme et la femme veulent encore décrocher ".Merci pour le partage,j'espère en lire d'autres ,je me suis laissée littéralement emporté par le texte et le sujet.
A bientôt
Amitiés
Martine
guillaume · le samedi 23 mars 2019 à 19:33
soilon · le lundi 25 mars 2019 à 10:10
Merci pour ce commentaire très sincère, si une partie te plaît c'est que j'ai rempli la moitié du contrat...
Quant à la conclusion, te connaissant, il ne pouvait en être autrement !!!
Je te souhaite un très beau lundi au soleil avec mes amitiés.
soilon · le lundi 25 mars 2019 à 10:14
Ton commentaire élogieux me touche vraiment beaucoup et je t'en remercie grandement.
Je suis ravi que ma poésie te plaise.
Amitiés.
soilon · le lundi 25 mars 2019 à 10:19
Heureux que ce style te plaise, j'essaierai de me montrer à la hauteur sur les prochains posts, mais rien n'est moins sûr !
Belle journée à toi avec mes amitiés.
soilon · le lundi 25 mars 2019 à 10:23
Un grand merci à toi pour ces compliments qui mettent du baume au coeur.
Je te souhaite une très bonne journée.
Amitiés.
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