Aller au contenu
MesPoèmes.net Créer mon site de poésie

JE suis...

Le mercredi 28 mars 2018 à 11:00, posté par taya preda · 103 lectures

voilà quels sont
les secrets
d’un dictateur pervers...

il se demande
qui sont tous ces vers
sans couronne
et sans emblème,
qui grouillaient sans vigueur
et qui fredonnent à l’unisson
leurs refrains de mortels
sans aucune valeur?...

il dit à son esprit:
ils ne savent pas encore
qui JE suis!...

“JE suis ici,
comme un dieu
qui tout sait ,
J’ai le savoir infus,
personne ne peut nier
ma science d’autocrate”...

“JE suis souriant,
souvent JE plaisante
et JE collectionne
des applaudissements en choeur,
comme les enfants,
les images des footballeurs”...

“JE suis le centre de l'univers”...

“JE suis partout
personne ne me bat”...

“en M’admirant
dans le miroir
de Ma propre fontaine
J'éprouve le plaisir extrême,
comme si J'étais
dans un harem”...

“JE suis la fortune
de tout un pays,
JE suis un exemple
de race crasse”...

“pour ma hâtive ascension
Mon ignorance
fut Ma chance”...

“JE ne suis pas
comme l'âne de Buridan,
J’ai choisi
d'être TYRAN”!

“JE respecte tout le monde,
à distance,
même les plus abrutis que moi,
et JE Me fais respecter
avec le don généreux
d’un riche panier à salade,
même pour ceux
qui n’ont pas envie
de savourer
Mon exquise
bonté d'âme”.

“J’envoie paître
tous ceux qui
ne me comblent pas
de leur flatterie”...

“MON visage scintille
même dans les flaques du trottoir
car MES portraits
sont accrochés partout,
aux murs de la ville
comme aux dortoirs”...

“JE suis le dieu
de la nation,
JE suis leur héros,
leur NAPOLEON”...

“JE suis le tyran autorisé,
fou parmi les fous,
élu à l'unanimité
par la cohue hébétée”...

“JE suis immortel
comme les louanges
dans un bordel,
et JE n’ai aucun rival
dans les parages”.

***
la morale de la fable:
vouloir être
le centre de l’univers,
se sentir souverain absolu
dans son empire
c’est le pire
d’un roi pervers...

les racines du tyran
avec son faux
haut rang
tôt ou tard, sont extirpées
par son propre boomerang...

taya

NOTE.
Sans les tyrans
le monde serait-il le même?

Je ne sais pas!

Ces types d’individus
sont depuis toujours existés,
mais, c'est sûr que, sans eux,
beaucoup d’immigrés
seraient restés
dans leur pays d’origine,
pour faire leur vie tranquille,
à côté de leurs familles
et de leurs bons amis.

La xénophobie
aurait été moins virulente,
l'hospitalité serait
un symbole positif
de l'amitié et du respect
entre les hommes
du monde entier.

Ça c’est une opinion,
pas une sentence
mais je peux affirmer
que l’herbe du voisin
n’est pas plus verte,
au contraire:
” the green, green grass”
est toujours plus rayonnante
sur la terre
de la propre naissance.
Pas encore de note · connectez-vous pour noter

4 commentaires

Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 28 mars 2018 à 12:29

Bonjour, Taia.
Tu nous invites à une réflexion profonde sur la nature humaine, ses étrangetés.
Je m'interroge souvent en pensant que les tyrans, monstres, Homme de Mal qui ont meurtri les peuples, étaient, à leurs premières années, des enfants, pétris d'innocence. On ne nait pas avec le mal en soi.
Et plus, plus largement, mais avec moins de gravité, je repose cette autre interrogation, à propos du JE :
méfions nous, notre pire ennemi est peut-être celui que nous renvoie notre miroir !
Belle journée à toi, chère Taia.
Avec toute mon amitié. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

henridurtal · le mercredi 28 mars 2018 à 12:52

Tu a dû l'observer de près ce tyran, pour le décrire si bien! Hélas ils semblent renaître sous différents aspects, ces temps-ci !
(N.B. : erratum : "de_ mon propre puis").

taia · le mercredi 28 mars 2018 à 14:21

Bonjour, Henridurdal. Oui, comme tout le monde, j'ai connu les exploits du notre dictateur. Ma famille a senti au dos son souffle venimeux, et moi aussi pour plusieurs raisons, la dernière, pour avoir demandé le permis ( auprès du Comité Central du Parti Communiste) pour obtenir l'approbation de mon mariage avec un citoyen étranger de l'Occident, crime grave, de la part d'une ennemie du peuple, chicanes, tergiversations pour trois longues années, alors que j'aimais et je faisais bien mon métier et mes élèves m*adoraient . Même si j'étais la fille d'un roi, je n'aurais pas traversé autant de violence verbale, d'arrogance et d'abus. Jamais pendant la vie du dictateur je n'aurais pas eu le courage d'écrire un tel poème (voir le pannier à salade et autres). Quant au "puits" je pensais à la fontaine, et j'ai changé la parole du moment où ce mot pouvait être mal compris. Merci en tout cas. Comment payer ta gentillesse? Amicalement, Taya

taia · le mercredi 28 mars 2018 à 15:04

Bonjour, Philipe. Moi aussi je pense souvent au fait qu'on naît purs d'âme, mais le pouvoir opère un gros et malsain changement dans les personnes le plus honnêtes; c'est une exagération de l'instinct de survivance? Je ne sais pas, mais dans toutes les situations, même les plus banales, nous pouvons observer ce type d'altération. Hélas! On est là pour connaître tous les aspects de la vie. Moi je ne suis pas amère, mais j'ai beaucoup souffert pour rien. Celui qui a eu une mort si atroce aurait-il compris, en fin de compte, les dommages qu'il a procurés à son peuple, qui ne réussit à se dresser ni après tant d'années? Amicalement, Taya

Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.