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Théâtre Mame-Egning!

Le Sein Maudit

Le mercredi 25 juin 2008 à 18:29, posté par Théâtre Mame-Egning! · 341 lectures

Avec L'aimable autorisation de Mademoiselle Nadège ANGO-OBIANG




AVERTISSEMENT



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Titre : Le sein Maudit


Auteur : Nadège ANGO-OBIANG


Genre : Monologue Poétique


Durée : Environ 20 minutes


Décors : Une torche indigène brûle au milieu de la pièce donnant à cette dernière une tonalité claire/obscur/doré.

Costume : Grande robe à bretelles rose fushia, blanche sur les bords, étroite au niveau de la poitrine. La longueur de la robe atteint les chevilles.

Distribution : Un seul acteur, une femme


Public visé : Adulte et adolescent


Résumé : Une jeune fille se lamente sur les grandes règles et les mystères de son monde.





















Une femme semble adossée à un mur. Les flammes de la torche indigène lancent des reflets jaunes sur sa robe et son visage couvert de larmes en train de sécher. Elle tourne soudain la tête vers la gauche, puis baisse la tête. Quelques secondes de silence puis, soudain. Elle court jusqu’au bord de la scène.

La femme
Montrant son poignet, le poing serré.
Est-il inscrit que la terre se meurt
Quand tournent les vagues de la vengeance?
Est-il souscrit à nos âmes soeurs
Les tourments, les plaisirs des manigances
Quand le coeur l’exige?
Regardez! Allez!
Regardez!Voyez!
C’est dans ce sang ténébreux
Mais sans mal aucun
Qu’est venu se complaire vengeur
Le noyau symbolique du malheur!
Regardez!
Je l’ai porté!

Elle hoche la tête en signe d’acquiescement, puis la secoue en signe de dénégation. Elle grimace de douleur et regarde vers le ciel les sourcils foncés.

Existe t-il un édit sans non dit
Qui propage le même élixir
Conçu sans témoin qui mourut
Pour le bonheur de mon courroux
Gavé à mon insu des braises de l’enfer

Elle baisse enfin les yeux, les ferme fortement et fait demi-tour. Elle s’arrête à plusieurs pas du feu. Incline la tête vers la droite, lève et baisse largement les épaules. Elle pousse un long soupir, comme une plainte. Et on l’entend sangloter doucement.

La femme
D’une voix basse
Il était une fois dans mon monde
Un lion et une reine comme des icônes
Sertis de songes pour l’allée des formes
Qui donnent et reprennent les dogmes
Un monde sans soleil ni misère
Où la lumière est un mythe et la nuit un joyau
Une étendue pourtant fourbue de prière
Où l’enfer est une église pas un tombeau
Et par un étrange jeu de prière de lune
Mon destin s’ancra dans ces roches
Festins des ignobles qui punissent par la fourche
Se repaître des viscères des âmes saines.

Elle s’étire la peau du ventre, dos toujours tourné vers le public.

Dans mes tripes j’ai nourri
Comme un arbre sans défense
Une horde d’âmes affamées
Dans un corps si petit
Une espèce de fossile honni!
Ce sein, un nid de reptiles
Qui encore se muera

Elle tourne la tête de côté. Sans regarder le public.

J’aurais pas dû, comme une enfant
Aimer la mer, belle par éclipse
Je n’aurais pas dû, ivre comme une femme
M’y couler, arrogante et rêvant
Je n’ai pas lu, le conte nos légendes
Cette eau qui endort, ces vagues qui se ferment.
Il s’est levé comme un homme
Et m’a prise comme un fauve!
Ce conte du lion et de la reine
Veillant sur les braises de l’enfer
Ces pâturages avides et robustes.
Bien consciente et sans esprits.
L’infâme s’est désaltéré entre les eaux
Criblant le coeur des molécules des vagues
De mes cris, ces vagissements
Que rien n’aurait su me prédire
Dans un lit d’eau bordé d’écumes
Chair d’enfant fondue dans un corps immense
Si ancien et si avide que le jour s’échappa
Me laissa, jeune fille aux reins ceints
Entre les cuisses impatientes, des membres certains
De leur dû, cette réponse qui remonta en mon sein.

Elle lève la tête et légèrement les mains vers le ciel.

Fille d’humble condition
J’ai dû voir l’innocence devenir mère
L’enfant détenir les yeux de la mer
Dont les eaux m’ont livré au Seigneur

Elle se tourne vers le public, puis marche sur le côté, très lentement.

Jeune fille d’humble condition
J’ai suivi mon père vers la mer
J’ai écouté ma mère pour le bain
Qu’un enfant pour ne pas comprendre un conte
A d’autres le choix du camp
Pour l’octroi de mille faveurs

Elle s’arrête à mi-chemin. Et regarde enfin le public.

En moi a coulé ce qui marque la création
A jamais mes fils ont les traces de cette réaction
Plus jamais je ne peux me détacher de cette action
Qui en mon sein déterminera toujours un garçon
A l’empreinte, malgré l’occasion, de ma livraison

Elle repart, dos au public, vers le centre de la pièce et regarde les flammes de la torche indigène qui ont faiblit. Elle tourne lentement tout autour.

Tous maudits comme des impies
Même en enfer certains prient
Des occasions plus nobles de se repaître
Dans des ventres, des couffins bénis
Pour que se fortifie l’antique conte
Du lion et de la reine des icônes
Qui veillent et nourrissent sans faillir
Les entrailles mères de la terre
Celles-là même que le monde vénère
Tous maudits ces chiens de vomis!
Que l’on porte, éjacule dans la rage
Sans espoir de jamais s’en détacher
Comme la haine se moque du pardon
Et comme la prière se corrompt de pensées
Et, comme la mère trompe la morale
Les braises s’accumulent jamais rassasiées
Parce que bien trop d’offrandes
Comme mon ventre, cette catin!
M’a trahit et j’ai porté les yeux de ce monde
La bouche de ses essences
Les tripes des compagnons des enfers
Sein maudit!
Aussi grand et fort que ces cuisses
Impossible à étouffer!
Impossible à cacher!
Impossible à jeter!
Impossible à déchiqueter!

La femme s’arrête de tourner autour de la torche. Quelques secondes de silence, halètement fort de la femme.

Impossible à regarder!
Impossible...à regarder!
La grève des Saints nous a perdu...
Les incertitudes du ciel nous ont vendu...
Impossible de leur échapper!
Putain de procréatrice!
Chair vierge et disponible....
Aucun autre rêve n’était possible.


Les flammes de la torche s’éteignent brutalement. Il fait noir sur la scène.



RIDEAU





texteAvec L'aimable autorisation de Mademoiselle Nadège ANGO-OBIANG
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3 commentaires

Dago Laborel · le mercredi 25 juin 2008 à 20:09

C'est très bien écrit, chaud et puissant comme les entrailles de cette femme, un très beau texte. ienvenue sur ce site, puisses tu y séjourner longtemps, amitiés

, · le jeudi 26 juin 2008 à 01:37

on s'en branle de tes droit d'auteur, c nul, et dingo t'invite dans sa poubelle de site, même sa chaise a fondu celui la!!

un passant · le samedi 28 juin 2008 à 14:12

quella autorité et quel orgueil!! il faut pas les partager car ici tu prends de risques!

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