Aller au contenu
MesPoèmes.net Créer mon site de poésie

Théâtre Mame-Egning!

Assise A Même Le Sol

Le jeudi 10 juillet 2008 à 15:42, posté par Théâtre Mame-Egning! · 314 lectures

AVERTISSEMENT

Ce texte est protégé par les droits d’auteur.

En conséquence avant son exploitation vous devez obtenir l’autorisation de l’auteur soit directement auprès de lui, soit auprès de l’organisme qui gère ses droits (la SACD par exemple pour la France).
Pour les textes des auteurs membres de la SACD, la SACD peut faire interdire la représentation le soir même si l'autorisation de jouer n'a pas été obtenue par la troupe.
Le réseau national des représentants de la SACD (et leurs homologues à l'étranger) veille au respect des droits des auteurs et vérifie que les autorisations ont été obtenues, même a posteriori.
Lors de sa représentation la structure de représentation (théâtre, MJC, festival…) doit s’acquitter des droits d’auteur et la troupe doit produire le justificatif d’autorisation de jouer. Le non respect de ces règles entraîne des sanctions (financières entre autres) pour la troupe et pour la structure de représentation.
Ceci n’est pas une recommandation, mais une obligation, y compris pour les troupes amateurs.
Merci de respecter les droits des auteurs afin que les troupes et le public puissent toujours profiter de nouveaux textes.





















Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L.122-5, 2e et 3e a) d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayant cause est illicite » (art. L. 122-4).
Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon, sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

 Théâtre Mame-Egning ! pour A Nue Productions, juin 2008. Tous droits réservés.


Titre : A Même Le Sol

Auteur : A Nue Productions - Théâtre Mame-Egning!

Mail : [email protected]

Genre : Monologue Poétique

Durée : Environ 20 minutes, selon la mise en scène.

Décor : Une scène nue

Costumes : Femme habillée en haillons

Distribution : Une femme

Public visé : Adulte et adolescent

Résumé : Une femme, à la rue, SDF, expose ses tourments, sa vie de rue avec un sérieux très particulier.















Une femme, au corps encore robuste mais maigre, est debout contre un mur. Son visage fait face au mur. Sa main droite monte et descende contre la paroi, lentement comme une caresse. Elle s’arrête soudain, émet une plainte, longue douloureuse. Elle tourne la tête à demi ver le public, ne dévoila qu’à peine un œil. Sec. Ses cheveux son sales et mal coupés. Sa robe, des haillons, est multicolore, des teintes sombres. Elle est pieds nus.



Je regarde les gens, austère suis-je
J’appréhende l’instant, les rires fusent
Je regrette les temps, les souvenirs usent
J’ai compris mon passé, ces horribles juges
J’ai aimé les ténèbres, et la glace qui fige
Je contemple ma misère, sur le sol dur
Je reconnais ma faiblesse, et mon cœur qui gèle
J’ai haï la présence, pour mieux mourir seule

Elle émet une autre plainte, très courte, comme interrompue par un sanglot. Elle tourne la tête de l’autre côté, montrant sa nuque au public. Un bref sanglot semble la parcourir. Un halètement la traverse, puis un silence. Une nouvelle plainte pendant laquelle elle glisse lourdement sur le sol. Les jambes à peine repliées, son corps pivote un peu vers la droite puis vers la gauche. Elle finit par se stabiliser à plat ventre, jambes légèrement repliées sous son ventre. Le profil écrasé de son visage vers le public. Sa vois est tremblante, chuchotante, incertaine.

J’ai été une enfant, avec la haine en veille
J’ai grandi, combattu, dans une nuit trop vieille
J’ai copulé sous leurs yeux, et le sort qui s’éveille
Je grandi, planifié, à même le sol je sommeille
J’ai compris cette misère, dans la rue qui m’étreint
J’ai haï, affamée, cette attente qui m’obsède
J’ai voyagé, par esprit, illusion d’éphémère
J’ai songé, puis oublié, les visions des merveilles

Elle reste à plat ventre, sa main remonte à mi hauteur contre sa bouche humide. Sa voix, toujours rauque, est plus basse.

J’ai éprouvé, l’angoisse des au revoirs jamais avoués
J’ai éprouvé, le non sens de la paix, ce bonheur suggéré
J’ai éprouvé, épié dans un lit, le forfait de l’Adieu
J’ai éprouvé, nue, à l’agonie, la parenthèse ébranlée
J’ai éprouvé, tendre dans le regard, le plaisir saccagé
J’ai éprouvé, végétante hallucinante, le tunnel des damnés
J’ai éprouvé, ooh ! cet aveu ! le chagrin humilié
J’ai éprouvé…combien il est cruel…la splendeur dédaignée, rabaissée.

Ses lèvres, sa mâchoire bougent comme si elle allait bégayer. Elle lève quelques doigts de sa main, et les repose comme lasse, comme si elle mourait, dans une expiration. Elle ferme les yeux. Une larme, légère coule et se perd sur la scène. Ses yeux, à demi, s’ouvrent. Sa main glisse doucement mais franchement jusqu’à sa front. Son regard humide semble absent, elle ne regarde personne. Sa voix est comme un souffle.

J’ai déduis du silence, l’anneau opprimant de la déchéance
J’ai espéré, cul à même le sol, compter, planifier encore une existence
J’ai vécu la nuit froide qui possède, cette colère dans la vengeance
J’ai enfin assisté à la gloire des passants d’être libre de leur chance
Je regrette, envahit de mes rêves d’imprudence
J’ai omis des aveux d’inconstance, dans la rue, en ces bras, mon errance
Je sens mon cœur effondré, mon esprit razié, tout un être de démence
Je déambule, glorifié de vermine, tâtonne et aveuglé, contre le rempart de l’inconscience.


Elle redresse légèrement la tête pour pouvoir voir le public. Puis elle enfoui tout son visage entre se s bras. Gracieusement, elle se met à genoux, puis s’assoit sur ses talons. Avec quelques uns de ses doigts, elle va et vient contre ses tempes. A nouveau, une plainte surgit, forte, féminine, rauque et désespérée. Elle saisit pleinement sa tête. Sa voix est plus forte. Elle se redresse très, très légèrement. On a l’impression que le haut de son corps bascule d’un côté puis d’un autre, plusieurs fois. Lourdement, elle tombe sur le sol. Elle pose ses deux mains sur ses chevilles, y pose sa tête en la détournant du public. Elle se redresse un peu, tête basse, contre sa poitrine.


J’ai la tête dans vos têtes, les yeux dans des cœurs
J’ai la main, broyé de défection, arrachée par la peur
J’ai les tripes, à l’envers, ces déchets, mes terreurs
J’ai… J’ai le goût de la goutte en colère, cette erreur…
J’ai la peau baignée de cris, sur le sol comme des pleurs
J’ai emplit mes poumons, de quelque chose, comme des leurres
J’ai démolit, la structure, cette essence, de moi, qu’elle meurt
J’ai imaginé, à même le sol, la faillite, ce plaisir d’être un meurtre


En croisé, elle se passe la main plusieurs fois sur la poitrine, comme frigorifiée, apeurée. Les yeux comme voulant regarder le ciel sans oser le faire. Les cils et les paupières sont tremblants.


Je regarde les gens, à terre suis-je
J’emmagasine le futile, heureuse suis-je
Je tolère les affronts, effacée, hautaine saurais-je
Je récolte rebus, classe les orgueils, humaine étais-je
Je me nourris à terre, d’ondes et de son, esclave mourrais-je
Je note pour mon futur, convoite un avenir, honoré pourrais-je
Je ris dans mes larmes, tue pour être libre, hystérique ai-je été
Je maudis les parchemins de mon chemin, un été verrais-je ?

Elle expire bruyamment plusieurs fois, restant dans la même position. Et murmure encore.

Un été, verrais-je ?


RIDEAU
Note : 1/10 (1 vote) · connectez-vous pour noter

1 commentaire

; · le vendredi 11 juillet 2008 à 01:19

on s'en branle toujours de tes droits d'auteurs, déja c archi nul et toi avec

Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.