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Théâtre Mame-Egning!

L'Etre Sans Soupirs

Le jeudi 10 juillet 2008 à 15:41, posté par Théâtre Mame-Egning! · 291 lectures

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 Théâtre Mame-Egning ! pour A Nue Productions, juillet 2008. Tous droits réservés.


Titre : Un Etre Sans Soupirs…

Auteur : A Nue Productions - Théâtre Mame-Egning!

Mail : [email protected]

Genre : Monologue Poétique

Durée : Environ 20 minutes, selon la mise en scène.

Décor : Une scène nue

Costumes : Tenue de ville, décontracté, les vêtements ne doivent pas être visibles par les spectateurs.

Distribution : Un homme.

Public visé : Adulte et adolescent

Résumé : Quelqu’un exige le droit de vie ! (de re-vie !!) Quand d’autres dans des soupirs espèrent pouvoir mourir. Cet homme, (en est-ce encore un ? ), réclame le souffle, ce bout de différence dotée d’oxygène. Etre non mort ou vivant en sursis, le chemin n’est-il pas unique ?















Un homme est assis en tailleur, tout au fond de la scène. On l’aperçoit à peine. Il semble en méditation, en recueillement. Mais sa voix est forte et ferme.

C’est comme un jour, fadasse
Le long du tunnel, hasard
Submergé, éreinté, la salasse
De la corruption, son désir, vorace
J’ai cherché, totalement erré, malade
De chutes, de chocs, la honte, tenace
C’est comme un tour, la haine qui terrasse
Les fondements, l’humilité d’être clémence
Humilié, promené, vos regards de glace

Il baisse les yeux. La pièce s’éclaire maison n’aperçoit que le dessus de son crâne.

Vaincu comme un pois qu’on écosse
Par des ruses, mon corps pue dans leur fosse
Des granits, toutes ces lames, qui ont saigné ma bosse
C’est impie, la mort familière, et les échos des morts qu’elle endosse
Je trafic des souvenirs qu’elle tue de sa crosse
Cette lame contre souffles qui nous désosse
De notre âme, décharné, je erre sur une marée toujours très haute, en hausse
Combines, solitude de l’absent, en quoi je puis vivre
Revivre
C’est l’accent, cette suspension, ce manque des dires
Hospitaliers hostiles, cette chaleur, les joies du médire
Revivre
Turbulences, matières, douleurs de l’être, pouvoir rire
Un instant, et maudire sous la rage, mais savoir se souvenir
Et dire, que plus loin, dans les larmes, j’ai pu vivre
Sans comprendre, sans aimer, ne vouloir, que mourir
Ce poète, fou menteur, un opprobre, car je sais être en non vie


L’obscurité est brutalement totale. La voix de l’homme s’élève, grave et solennelle.


Constant, peut être, le sillon de la grande mer
Eternelle frontière, Adieu aux vivants, traverser, entrer dans le repère
Pourpres est cet univers, qu’il fallut, qu’on cru bon de taire
Aride, se complait la revanche d’un destin, autre, d’être sur terre


La pièce s’éclaircit très légèrement, assez pour distinguer l’ombre de l’individu dans son ensemble, assis en tailleur.


Percuter une vitre sans verre
Balayer, être envolé dans les danses des sphères
Remarquer, des cimetières d’esprits, d’âmes sur la terre
Au-dessus d’un sans lieu, j’ai peur de connaître mon repaire
Effrayé, ce regard de l’immensité, châtiment révélateur du départ

L’ombre de l’homme disparaît dans la nuit de la scène.


J’ai failli. Il est certain. J’ai failli, en des égards.
Qu’il m’importe. Point de chutes, sans support. Aucun regard.


Un cri dans la nuit de la scène.


Je veux vivre !Même Morts !
Je veux être !Même Sans Corps !
J’exige de paraître !Renaître Encore !
J’implore les mirages !Cette autre porte !
Liez-moi !Si le vent sur la terre m’emporte !
Je veux de l’air !


Une légère éclaircit sur la scène. Gémissement, l’homme toujours assis, s’écroule se penchant en avant, front contre terre.


O Ciel ! … Quand Seigneur !… ?
O… Non ! Où repose la terre ?
Est-ce ce sol… cette…surface ?
Je refuse la mort, tant que je pense vivre…
Si on pense vivre… Que dire…être furtif
Penser… Je suis… Un être furtif, volatil, sans soupirs !
Non !


On entend du souffle comme un râle. L’homme paraît fou de rage. Le ton change.


Hilare, barbare, dans son rire de guerre
Hurle, ravie éperdu ce néant, cet espace sans air
Il arrive que la chair me revive
Il arrive que l’odeur ma ravive
Par des lames en abstrait, que des vides…
Ehonté d’être en absence sur cette rive
Chante, se requiems, ces chahuts de la misère
Quand chante, se recueille, cette pensée, vers mon décès
Que de chant, ces élans, d’autres souffles, sur cette mer
Si une larme, si je soupire, si sa pensée, si je me terre
C’est bientôt, les oubliés, de la gloire dans mon corps
C’est pardi de paradis que je me traîne comme ces morts
O pitié ! Que ces chants, mes vécus, cette douleur d’encore mourir
Par défaut, comme une faute, renaître chair, mais partir


Emotions, bégaiements dans la voix


J’ai, je suis, que puis-je faire ?
Que puis-je… faire … que …que…
Que puis-je faire ?
Que…puis-je, …pour renaître… la vie
Pour m’extraire… du plein sentier de la mort ?


L’homme continue de murmurer, comme cherchant des réponses à ses questions.




RIDEAU
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1 commentaire

Marie * · le samedi 12 juillet 2008 à 02:07

Le rideau est-il vraiment tomber? j' ai beaucoup aimer ses émotions de vie et de mort.

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