Nouvelle "1001 notes" (1)
(Intermédiaire principal: un «oud», déclinaison orientale du luth de la Renaissance et instrument majeur de la musique arabo-andalouse. L'instrument est souvent tenu à l'horizontale. Dans de nombreuses peintures, il figure entre les mains des anges…)
1. Mirages
La ville du bord du lac, envahie par la neige, est recouverte d’un lumineux manteau blanc. Les arbres immenses du parc et leurs tentures immaculées évoquent le chapiteau d’un cirque à ciel ouvert. De la volière désertée, des anges se sont envolés, laissant leurs notes blanches et rondes sur le grillage, les noires aux corbeaux et les rêves aux promeneurs.
Une nappe de brume glisse lentement, venant du lac proche encore couleur de perle et couvre des traces de pas d’un voile transparent, féerique. Un personnage apparaît, sur le dos l’étui de ce qui suggère une guitare, mais, pour un regard attentif, d’un volume inhabituel. Il marche précautionneusement, comme s’il écoutait ses pas en suivant les empreintes, sa démarche faisant plutôt penser à un musicien travaillant à une partition. Le soir approchant, la lumière ayant déserté le ciel semble être contenue au ras du sol et l’entraîne à ne plus regarder que le tapis neigeux, décidant pour une fois d’ignorer les arbres dans leur plus belle majesté.
Une énigme semble émaner de traces de pas, captant l’attention du visiteur qui s’engage alors dans la lecture d’une histoire à ciel ouvert et décide de les suivre. Leur mesure lui parle par leur ampleur, leur ouverture, leur ancrage et, par association, leur écriture. Inexplicablement enfoncées, elles lui suggèrent une réflexion, une… profondeur. Il y sent une respiration, une jubilation réfléchie et un message proposant à son âme de rire dans un corps dansant, comme une jouissance à chaque pas, à chaque note lue.
(à suivre)
Accompagnement musical:
https://www.youtube.com/watch?v=fDvOUHyCMyM
1. Mirages
La ville du bord du lac, envahie par la neige, est recouverte d’un lumineux manteau blanc. Les arbres immenses du parc et leurs tentures immaculées évoquent le chapiteau d’un cirque à ciel ouvert. De la volière désertée, des anges se sont envolés, laissant leurs notes blanches et rondes sur le grillage, les noires aux corbeaux et les rêves aux promeneurs.
Une nappe de brume glisse lentement, venant du lac proche encore couleur de perle et couvre des traces de pas d’un voile transparent, féerique. Un personnage apparaît, sur le dos l’étui de ce qui suggère une guitare, mais, pour un regard attentif, d’un volume inhabituel. Il marche précautionneusement, comme s’il écoutait ses pas en suivant les empreintes, sa démarche faisant plutôt penser à un musicien travaillant à une partition. Le soir approchant, la lumière ayant déserté le ciel semble être contenue au ras du sol et l’entraîne à ne plus regarder que le tapis neigeux, décidant pour une fois d’ignorer les arbres dans leur plus belle majesté.
Une énigme semble émaner de traces de pas, captant l’attention du visiteur qui s’engage alors dans la lecture d’une histoire à ciel ouvert et décide de les suivre. Leur mesure lui parle par leur ampleur, leur ouverture, leur ancrage et, par association, leur écriture. Inexplicablement enfoncées, elles lui suggèrent une réflexion, une… profondeur. Il y sent une respiration, une jubilation réfléchie et un message proposant à son âme de rire dans un corps dansant, comme une jouissance à chaque pas, à chaque note lue.
(à suivre)
Accompagnement musical:
https://www.youtube.com/watch?v=fDvOUHyCMyM
5 commentaires
yanrevesud · le dimanche 10 janvier 2016 à 14:17
Yves
Philip (JARDIN DE LUNE) · le lundi 11 janvier 2016 à 12:28
Je relis et commente cette première partie au son du lien musical que tu as mis. Magnifique, cela permet de mieux pénétrer tes mots !
L'ambiance de mirages est bien là. Bigre ! Il y a des talents sur mespoemes.net !
Me permettrai-je de dire que ce tableau poétique me fait penser à l'exégèse druze d'un très beau verset du Coran (le 24.39) qui s'appelle "la sourate de la Lumière" qui évoque le Dieu et le Mirage. L'auteur de cette exégèse a écrit une "épitre de la Sagesse". J'évoque bien sûr la référence aux textes saints coraniques car le "décor" de ton poème s'y prête.
Mais, il y a un très beau verset de la Bible qui se prête merveilleusement à cette ambiance de mirage que tu décris : "Le mirage se changera en étang Et la terre desséchée en sources d'eaux. Dans le repaire qui servait de gîte aux chacals, croîtront des roseaux et des joncs" (Esaïe).
Tout cela pour dire que cette première partie de ta nouvelle, pourtant très descriptive me paraît chargée de spiritualité, une spiritualité qui ne s'inféode à aucune confession en particulier, ni même à une confession.
Ton texte, tel qu'il est ici, à son début, me semble en effet être une respiration, une jubilation réfléchie, un appel à une réflexion en profondeur. Je pense à la sagesse de Khalil Gibral.
J'ai hâte de lire ce que me réserves les deux chapitres suivant de ta nouvelle. Amitiés. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
yanrevesud · le lundi 11 janvier 2016 à 15:28
je suis infiniment touché: te lire embellit tous mes écrits!
Et puis, par je ne sais quelle intuition miraculeuse, tu as touché juste avec tes références: en effet je me suis "frotté" autant à l'islam (ma femme était - elle l'est toujours, l'apostasie est trop risquée - musulmane) qu'au christianisme.
Je suis sorti des deux... Du premier avec beaucoup de souffrance (à tel point que je lui (à elle) ai écrit que j'étais en danger et que je ne parle plus de ce(t autre!) monde qu'à des personnes que je connais bien...); du second, sans aucune souffrance, à tel point que je pense n'avoir jamais été vraiment croyant alors que j'ai même pourtant été assistant pasteur après des études de théologie!
Pour ce qui est de la Bible, il me viens là cette pensée d'Albert Einstein:
"Une façon de vivre est en faisant comme si tout était un miracle,
une autre en faisant comme si rien n'était un miracle"!
Mais même avec Khalil Gibran, tu es tombé juste aussi: il se trouve qu'une de ses pensées, avec quelques autres d'autres penseurs, m'accompagne depuis les années 80:
""Je dormais et je vis que la vie n'était que joie,
je me réveillai et vis que la vie n'était que service,
je servis et je vis que le service était la joie""
Sache aussi que je toujours et même de plus en plus admiratif en lisant tes poèmes...
Je vais maintenant tâcher quels 2 poèmes sur 4 que j'ai sélectionnés je vais garder pour mon prochain concours à envoyer avec le 15!
Amicalement
Yves
yanrevesud · le lundi 11 janvier 2016 à 15:39
il s'agit d'une pensée de Rabindranath Tagore!!
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 13 janvier 2016 à 09:01
Passons sur le "te lire embellit tous tes écrits" ! Je ne sais pas, mais en principe j'ai toujours plaisir, car j'en ai le temps, à répondre de façon plus profonde à ce que je ressens dans les poèmes.
Je voulais surtout souligner que les sources des différentes spiritualités religieuses ne renferment nullement les germes de la souffrance ou du Mal.
Même pour l'athée, un regard profond sur les spiritualités est une source de réflexion. Et pour ce qui est des textes de l'Islam, il n'est pas nécessaire d'être une sage et un érudit du sujet, comme les sages soufis, pour y voir - différemment - les messages d'amour universel, à partir de préceptes divins. De nos jours, hélas, le message de l'Islam a été obvié et déformé, jusqu'à faire peur à l'ignorant. Ceux qui le déforme donnent, autant maladroitement que violemment, une vision eschatologique qui n'a rien à voir avec le message initial. C'est cela qui doit faire peur.
Pour Khalil Gibran, je suis tout à fait d'accord avec toi et la portée de ses réflexions est particulièrement pacifiante. Amitiés et à bientôt (notamment sur les chapitres 2 et 3 de ta nouvelle). Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
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