Nouvelle "1001 notes" (2)
2. Concert spirituel
A quelques coups d’ailes, un grand parc de jeux pour enfants. Sur le petit portail d’accès, une affichette municipale indiquant qu’en raison des intempéries, la commune en interdit l’entrée. Mais de l’autre côté, les traces continuent et il décide donc de passer la barrière et de les suivre qui se poursuivent jusqu’à un de ces jeux tout en hauteur, plein de filets figurant de fantasques toiles d’araignées.
Un jeune couple est là, immobile; elle allongée sur un des fils, en équilibre au plus haut d’une toile, lui juste au-dessus, sur les poutrelles d’accès en bois, un bras suspendu au-dessus d’elle, tous deux comme des funambules figés pour l’éternité mais semblant attendre le visiteur qui s’approche lentement. Toutes les cordes sont encore pleines de neige, suggérant la délicatesse de la jeune femme dont la tête est posée comme un luth sur un des bras de son compagnon.
Le visiteur s’immobilise à la base de la toile pour ne pas troubler ce moment beau comme un rêve, mais au bout d’un long instant, il sort ce qui s’avère un «oud» de son étui. Puis le mettant lentement en place sur ses genoux, il commence à jouer. Comme si elle n’attendait que cela, la lumière baisse d’un ton dans le ciel. La brume qui montait lentement les englobe, paraissant encore plus lumineuse par contraste, et entraîne le regard à ne plus regarder que les musiciens funambules.
Le ballet des bras de l’homme simule à distance le pincement des cordes, sa compagne entrant en vibration sous chacun de ses gestes. A chacun d’eux, à partir de cet instant, la neige quittant la toile s’inscrit dans le tapis neigeux, comme des notes sur le papier. Cette valse aérienne provoquée par les ondes célestes de la femme accordées sur la musique du visiteur, réunit dans une somptueuse fête «ceux qui croient aux anges et ceux qui n’y croient pas».
(Il s'agit donc de la seconde partie - sur trois - de ma courte Nouvelle personnelle)
(à suivre)
Accompagnement musical:
https://www.youtube.com/watch?v=WLvZvjkLrtg
A quelques coups d’ailes, un grand parc de jeux pour enfants. Sur le petit portail d’accès, une affichette municipale indiquant qu’en raison des intempéries, la commune en interdit l’entrée. Mais de l’autre côté, les traces continuent et il décide donc de passer la barrière et de les suivre qui se poursuivent jusqu’à un de ces jeux tout en hauteur, plein de filets figurant de fantasques toiles d’araignées.
Un jeune couple est là, immobile; elle allongée sur un des fils, en équilibre au plus haut d’une toile, lui juste au-dessus, sur les poutrelles d’accès en bois, un bras suspendu au-dessus d’elle, tous deux comme des funambules figés pour l’éternité mais semblant attendre le visiteur qui s’approche lentement. Toutes les cordes sont encore pleines de neige, suggérant la délicatesse de la jeune femme dont la tête est posée comme un luth sur un des bras de son compagnon.
Le visiteur s’immobilise à la base de la toile pour ne pas troubler ce moment beau comme un rêve, mais au bout d’un long instant, il sort ce qui s’avère un «oud» de son étui. Puis le mettant lentement en place sur ses genoux, il commence à jouer. Comme si elle n’attendait que cela, la lumière baisse d’un ton dans le ciel. La brume qui montait lentement les englobe, paraissant encore plus lumineuse par contraste, et entraîne le regard à ne plus regarder que les musiciens funambules.
Le ballet des bras de l’homme simule à distance le pincement des cordes, sa compagne entrant en vibration sous chacun de ses gestes. A chacun d’eux, à partir de cet instant, la neige quittant la toile s’inscrit dans le tapis neigeux, comme des notes sur le papier. Cette valse aérienne provoquée par les ondes célestes de la femme accordées sur la musique du visiteur, réunit dans une somptueuse fête «ceux qui croient aux anges et ceux qui n’y croient pas».
(Il s'agit donc de la seconde partie - sur trois - de ma courte Nouvelle personnelle)
(à suivre)
Accompagnement musical:
https://www.youtube.com/watch?v=WLvZvjkLrtg
2 commentaires
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 13 janvier 2016 à 15:16
Toiles et étoiles. L'impression d'une chorégraphie céleste, et pourtant intime.
Ce que je vais te dire n'est pas de moi, pour illustrer la relation que tu a pu établir entre ce ballet étrange et la musique. Une chorégraphe disait un jour, à propos du ballet, de la danse :
« Je pense que c’est la relation avec l’immédiateté de l’action, l’instant unique,
qui donne le sentiment de liberté humaine.
Un corps lancé dans l’espace n’est pas une idée de la liberté de l’homme. c’est un corps lancé dans l’espace.
Et cette action est toutes les actions,
elle est la liberté de l’homme,
et dans le même instant sa « non-liberté ».
C'est ainsi que je ressens ta description, un "état" (de grâce ?) qui ne peut intervenir qu'après une incroyable alchimie que l'on a peut-être pas préparé, comme quelque chose de miraculeux.
Car, a ces propos qu'exprimait la chorégraphe, "en général", moi, pour ton écrit, j'y rajoute cet essentiel, qui donne bien le titre à ton chapitre : le spirituel. Et, oui, tout cela devient, au final une somptueuse fête, colorée...de gestes et de sons.
A très bientôt mon ami. Je viendrai tranquillement demain sur ta 3ème partie. Amitiés, Yves. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
yanrevesud (Yves) · le dimanche 17 janvier 2016 à 07:58
je te remercie infiniment pour tes commentaires si argumentés, constructifs et intéressants, à tel point que je les ai sauvegardés chez moi!
En effet, le "spirituel" est à sauvegarder dans ce moment du monde qui en manque tant, et je te rejoins en tout, même pour moi athée sans lien avec la transcendance et pour qui, à l'instar de Spinoza, l'esprit et le corps sont "la même chose"!
Il y aurait tant à dire et échanger (mais en dehors d'un site de poésie!) à ce sujet...
Encore merci
Yves
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