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SOUFFLE D'ÂME

L'ESPRIT SUR LES EAUX

Le dimanche 30 novembre 2008 à 14:26, posté par yvan · 268 lectures

Illustration du poème « L'ESPRIT SUR LES EAUX »
Je suis l’esprit. Je me meus au-dessus des eaux.
Suis-je papillon, souffle d’air ? Je suis l’esprit.
Lorsque je volais sous la lune et son halo.
Porté par je ne sais quelle haleine de la nuit.

Etourdi, hélas, j’ai bien trop longtemps erré.
Comme une libellule, je poursuivais, ivre, ravie,
Les pollens narcotiques qui se mêlaient la nuit,
Aux oxydes de gargouilles grimaçantes aux clochers.

Au crépuscule, fou, je suivais le vol des fées.
Heureux, je voyais leur lumière étinceler.
Mais soudain se fondre à l’aura des vers-luisants.
Quand je m’imaginais déjà les caressant !

Je sais les nuits argentiques des jardins lunaires.
Les statues du parc me souriaient. Pourtant si belles !
Et sitôt après pleuraient, suppliant au ciel.
Les frissons de vie que leur refuse la terre.

Lorsque la brume enveloppait de ses nacres,
se lovait sur les eaux scintillantes sous les astres.
Les nymphéas en fleurs, pétales joints en prières.
Et les irisations sur les toiles d’épeires.

Le voile arachnéen se mariait aux pollens,
Qui dansaient sur les eaux en arabesques dorées !
Je sais les nuits d’étamines, au ciel dressées.
Les nuits d’éther qui dans un autre ailleurs me mènent.

Je sais les choses cachées à l’humain pour toujours.
Mais je ne sais plus le temps, qui distille les jours.
A quoi servent les clepsydres et les cadrans solaires ?
Je ne suis que rêve, fantasme des cycles lunaires.

Etais-je heureux ? Libre pour le moins. Mais que croire ?
Oui, je sais ces choses que beaucoup ne veulent voir.
J’ai vu, savez-vous, les spectres quitter les dormeurs.
Souffles diaphanes, pénétrer le monde sans temps ni heure.

Suis-je donc mort ? Inutile que je me mente.
Je ne suis plus moi. Je ne touche que l’irréel.
Oui, je sais enfin. Je suis l’âme, plus que vivante.
Allégée de mes chimères, tellement plus réelle.

Mais quelque chose m’appelle là-bas. Oh…Une lumière.
Un chant cristallin de carillons sonne, résonnent.
L’harmonie est envoûtante, j’oublie la terre.
Le tunnel, la lumière vivante, je m’abandonne.

Je plonge dans l’amour. Enfin, maintenant, je vis.
Me voici...

Yvan
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