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SOUFFLE D'ÂME

ESPRITS ET TAM-TAM

Le lundi 1 décembre 2008 à 18:56, posté par yvan · 221 lectures

Illustration du poème « ESPRITS ET TAM-TAM »
Cette nuit encore le tam-tam frappe en forêt.
Lancinant, comme une conjuration, une menace.
Langage ésotérique dans les ténèbres épais.
Paroles occultes des dieux anthropophages... voraces.

Par dessus la canopée., il hurle... sortilège.
Il roule ses putrides arcanes incantatoires.
Me cherche-t-il... punir ainsi mon sacrilège.
Il vient, Je le sens qui s’approche... blasphématoire.

Ce soir même, inconscient, j’ai franchi la ligne.
La jungle est au village... La jungle est dans les têtes.
J’ai erré sur les terres maraboutes... indigne.
Le marcher, viscères du monde... délire... amulettes.

Enchevêtrement de baraques aux planches tordues...
Echoppes noires, bancales, affaissées, suintantes latrines...
Ruelles tortueuses, mandiantes, lépreuses... détritus...
Là où tout est noir, fumeux, odeurs intestines.

Transpiration, terre moisie... la venelle s’enfonce.
Lacis de terre battue.. sillons glauques, nauséeux.
Les vendeurs, gargouilles incubes couvert de ronces...
Ils ont regardé le blanc... j’ai baissé les yeux...

Dans un détour fangeux du boyau, deux matrones...
Boubous effilochés et fumeux, cris... disputes...
De part et d’autre du ru, cariatides démones...
Colonnes d’un temple cannibale... dégorgeoirs hirsutes.

Dialectes opaques... vociférations... clabaudages.
Gestes véhéments... je passe entre les clameurs.
Des doigts d’ébène, épais, m’ont frôlé au passage.
Griffes succubes levées aux masques immolateurs.

Le temps d’un battement d’ailes de chauves-souris.
La haine s’est accrochée à mon visage.
Puis la cérémonie anthropophage reprit.
Hurlements de harpies, mains dressées, noires, sauvages.

Fuir... mais mon âme s’est délitée... déchiquetage
Les esprits nécrophages sur moi se sont tapis.
Maintenant je l’entends qui vient... au dépeçage.
Le tam-tam me tape aux tempes... il me poursuit.

Quelqu’un est mort cette nuit... tambour obsesseur.
Son esprit erre parmi les chaumes des toits épais.
Il longe les pisés d’ocre, s’attache encore aux pleurs.
Les résonances m’envahissent l’esprit... je me tais.

yvan
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