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SOUFFLE D'ÂME

La source aux fées

Le vendredi 6 novembre 2009 à 09:43, posté par yvan · 208 lectures

Illustration du poème « La source aux fées »
Je me souviens d’un petit matin rayonnant,
C’était l’heure des promesses parfumées de la vie.
Juste après le bol de chocolat fumant,
Et des tartines de ma grand-mère ravie.

Et dehors, impatient, mon ami m’attendait.
C’était les vacances, et la campagne riait..
Il rêvait autant que moi, consciences éphémères..
Nous n’étions alors que deux gamins lunaires.

Nous étions partis à l’aventure ensoleillée,
courant les criquets et les cétoines dorés.
Le petit ruisseau qui chantait sous les fougères,
nous a ravis, chavirant notre âme légère.

Des trouées de lumières, des rires, des papillons
des abeilles affairées et butineuses, des grillons.
L’été dansait d’étamines en corolles fécondes.
De têtard en grenouilles sous les mousses profondes.

Là un lézard ocellé, paré comme un toréador,
Et là-bas, la clairière enluminée de bouton-d’or
Etourdis, la frondaison nous a absorbés.
Mais soudain, lointaines, les cloches ont appelé.

C’est alors que je l’aperçus, scintillante.
J’ai crié « Regarde là-bas, c’est la source ! »
Mais c’était déjà l’heure où les enfants rentrent.
« J’y vais ! », ai-je rit en reprenant ma course.

Il est parti, fuyant la forêt illégale.
J’aurais dû fuir aussi, mais c’était trop tard.
Le clapotis m’a appelé comme un rire de cristal.
la lumière était trop forte, les oiseaux trop bavards.

Et là, un éblouissement, comme un miracle.
Les gros rochers moussus, le susurrement de l'eau,
Le ramage symphonique et cathédral là-haut,
Un lieu sacré, vierge encore, un tabernacle.

L’âme baignée, les pieds dans l’onde, transporté.
A suivre le ballet fantasque des libellules bleutées
Le frissonnement des grands saules argentés
La source a eu raison de moi, pauvre égaré.

Soudain, pénétrant mes rêves, une luminescence..
« Que fais-tu ici, petit d’homme en errance ? »
Et là, juste à mes côtés, une lumière vivante,
Comme dans les comtes, une fée aux ailes vibrantes.

Grande comme une mésange, gracieuse comme un papillon,
Elle s’est posée sur le rocher au reflet vermeil.
Sa robe scintillante avait des ocelles de paon,
Et ses yeux étincelaient comme des soleils.

« Tu me vois donc, me dit-elle, étonnée aussi ! »
Je n’étais qu’un enfant porté par l’innocence.
« Alors ton âme est ingénue, n’aie pas de soucis… »
« Je vais te dire des secrets, comme une opalescence. »

Pourquoi m’a-t-elle dit ces choses extraordinaires,
et me dévoila les mondes invisibles et brumaires.
les petits peuples de la nature, ses congénères ?
Pourquoi moi, simple petite luciole lunaire ?

Elle m’a dit comment ils conduisent les oiseaux migrateurs,
Par delà les montagnes et les océans hurleurs.
menant les fauvettes par-dessus des déserts,
à travers les tourmentes des cieux zébrés d’éclairs.

Elle m’a enseigné les arcanes de la nature,
Dévoilé l’occulte utilité de leur race.
Ils sont des bergers obscurs pourtant plein de grâce.
Guidant les errances de tant de créatures.

Puis elle posa sa main sur mes yeux embués,
et mon cœur explosa d’amour, de liberté.
Je vis l’invisible, l’inexprimable mélodie.
je compris du monde l’indicible harmonie.

Puis, je revins à moi, mais elle n’était plus là.
J’étais juste un gamin parmi les nymphéas.
Tout là-haut, dans de grand balais vertigineux,
Les hirondelles dansaient au firmament glorieux.

La tête encore baignée d’étoiles, je suis rentré.
Je venais de naître à un monde fabuleux.
Et depuis lors, le ciel ne m’a jamais quitté.
Je sais tout ce qui ne s’arrête pas à nos yeux.

Puis, mes parents m'ont dit que j'avais juste rêvé.
Je me suis blotti alors contre ma grand-mère.
Je ne pouvais laisser ce monde extraordinaire.
Depuis, je pleurs souvent sur les cœurs desséchés.

Je n’ai jamais revu la fée, cette étoile de joie.
Mais, dès que je ferme les yeux, je la revois.
Belle et libre comme un feu follet, une étincelle.
Et maintenant encore, je m’endors souvent avec elle.

Yvan, le 05/11/09
Note : 8/10 (1 vote) · connectez-vous pour noter

1 commentaire

chezcris · le mercredi 3 novembre 2010 à 10:34

Bonjour,
Quel merveille, on s'y croyais presque!!!!
Christine

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