L' Anneau De La Nuit

Sur les rêves... nocturnes cette fois...
L'ANNEAU DE LA NUIT
Hantant les arches des étoiles
Baptisées aux fleuves du soir,
On n’a que le temps d’entrevoir
La respiration dans les voiles :
Ces longs soupirs ou pensées brèves
Du vent qui passe en chuchotant,
Rassemblés en mots qu’on n’entend
Que soufflés à travers nos rêves.
Qu’ils soient monstres tentaculaires
Au flanc de l’abysse agrippés
Ou de vieux espoirs rescapés
Sur des rives spectaculaires
Lorsqu’on ne les attendait plus,
Déraciné de ses charpentes,
L’esprit roule le long des pentes,
L’esprit s’écoule avec le flux.
Quels paradis mal enfouis,
Quelle brutalité cachée
Pourront vaincre la chevauchée
Des cavaliers jaillis du puits ?
Le ciel et l’enfer sont mariés !
Et leur amour est l’immature,
Incomplet bourreau qui murmure :
« Je savais que tu reviendrais ».
Mais ce que leur hache pourfend
Ne sont que les liens qui retiennent
Ces choses qui parfois reprennent
Leur place à droite de l’enfant.
Il sait les peurs, il sait les champs
Parcourus de frissons d’aurore,
Il sait quel uniforme arbore
Le mendiant qui poursuit le temps ;
Il sait aussi les chuchotis
Des machines tandis qu’il lance
Ses convois de longue distance
Percer les tunnels engloutis,
Et reconstruire ce qui fuit,
En un voyage, ou en un drame,
Pierre à l’édifice de l’âme,
Ou gemme à l'anneau de la nuit.
Mer 26 Octobre 2011
Chroma Key, "Wednesday The Sky" : http://www.youtube.com/watch?v=ApUvd2JQjpk
L'ANNEAU DE LA NUIT
Hantant les arches des étoiles
Baptisées aux fleuves du soir,
On n’a que le temps d’entrevoir
La respiration dans les voiles :
Ces longs soupirs ou pensées brèves
Du vent qui passe en chuchotant,
Rassemblés en mots qu’on n’entend
Que soufflés à travers nos rêves.
Qu’ils soient monstres tentaculaires
Au flanc de l’abysse agrippés
Ou de vieux espoirs rescapés
Sur des rives spectaculaires
Lorsqu’on ne les attendait plus,
Déraciné de ses charpentes,
L’esprit roule le long des pentes,
L’esprit s’écoule avec le flux.
Quels paradis mal enfouis,
Quelle brutalité cachée
Pourront vaincre la chevauchée
Des cavaliers jaillis du puits ?
Le ciel et l’enfer sont mariés !
Et leur amour est l’immature,
Incomplet bourreau qui murmure :
« Je savais que tu reviendrais ».
Mais ce que leur hache pourfend
Ne sont que les liens qui retiennent
Ces choses qui parfois reprennent
Leur place à droite de l’enfant.
Il sait les peurs, il sait les champs
Parcourus de frissons d’aurore,
Il sait quel uniforme arbore
Le mendiant qui poursuit le temps ;
Il sait aussi les chuchotis
Des machines tandis qu’il lance
Ses convois de longue distance
Percer les tunnels engloutis,
Et reconstruire ce qui fuit,
En un voyage, ou en un drame,
Pierre à l’édifice de l’âme,
Ou gemme à l'anneau de la nuit.
Mer 26 Octobre 2011
Chroma Key, "Wednesday The Sky" : http://www.youtube.com/watch?v=ApUvd2JQjpk
29 commentaires
plumeflore · le mercredi 26 octobre 2011 à 23:32
il est des vers qui nous transportent comme"parcourus de frissons d'aurore ou du vent qui passe en chuchotant ou encore le mendiant qui poursuit le temps" c'est quelque chose qui parle à notre conscience!
beau poème comme toujours!
bonne soirée!
amitiés!
Loïc · le jeudi 27 octobre 2011 à 00:22
Les rêves ont cette capacité étrange, pour revenir au bazar intérieur, de l'amplifier tout en l'éclaircissant. Quelque part tout au fond, il y a quelqu'un qui sait ce qui se passe vraiment (là je l'ai symbolisé par "l'enfant", pour un héros plus pur et direct que l'adulte), et si on arrive à passer à travers le tir de barrage de métaphores qu'il nous envoie en rêve, et qui est aussi une invitation, on peut parfois arriver à aller au fond de certaines choses.
Amitiés Plumeflore, merci de ton passage !
larose · le jeudi 27 octobre 2011 à 09:32
des vers d'une belle facture!
bravo l'ami!
bonne journée!
amitié!
domidom · le jeudi 27 octobre 2011 à 13:33
Nouvel embarquement pour le rêve, en lisant tes différents quatrains, j'ai réalisé qu'en fait, pour tout un chacun, on retrouvait à peu près tous les mêmes éléments, (les respirations haletantes, le souffle du vent, les monstre, des cavaliers ou autres personnages, qui viennent d'ont ne sait trop où, mais certainement des profondeurs de notre subconscient......
J'adore tes deux derniers quatrains, et surtout les deux derniers vers....
Des vers enchevêtrés les uns dans les autres, dans la simplicité, un poème comme je les aime, d'une agréable et fluide lecture...
Un petit chef d'oeuvre....
Mes amitiés....
A bientôt....Domie...
.ttp://www.mespoemes.net/domidom
Loïc · le jeudi 27 octobre 2011 à 15:24
Domidom : Tu as l'oeil, je n'avais pas essayé d'identifier les oiseaux. C'est vrai, l'image a un côté crépusculaire, que j'avais surtout vu dans les couleurs plus que dans les oiseaux. L'arrière-plan ressemble plus à une ville en feu qu'à un coucher de soleil. Par contre, la Lune qui se lève et les zolis zanimaux (le petit lapin par terre, le geai sur la branche) et le ciel bleu dans le coin équilibrent la composition avec du bel onirique.
Je voulais équilibrer le poème aussi, rêves et cauchemars. Mais difficile pour moi de parler des cauchemars, vu que je n'en fais plus depuis belle lurette. Alors j'ai eu simplement recours à des mots plus ou moins sinistres.
Bien vu pour la récurrence du vent ; il est aussi insaisissable et instoppable que le déroulement de nos rêves... Quant à "ils viennent d'on ne sait où", si, on sait, et tu le dis : ils viennent de nous (tu as bien noté "puits" et "abysse") ; mais qu'est-ce qui les engendre réellement, là tout est beaucoup moins certain, bien sûr. En tous cas, même quand on peut pas leur donner un sens, il ne faut jamais les ignorer.
Merci de votre passage à toutes deux ! De beaux rêves pour cette nuit ! Amitiés
imparfaitlibre · le jeudi 27 octobre 2011 à 21:47
En lisant ton poéme je repense à certains rêves ou cauchemars que j'ai fait à une certaine période de ma vie...
Notre esprit nous souffle ce vent qui fait de nos rêves de bons ou de mauvais moments et pourquoi????
Pourquoi nous ramène-t-il loin en arrière ou nous projette-t-il loin en avant au cours de nos balades nocturnes?
Parfois nous redevenons les enfants innocents que nous avons été et d'autres fois les adultes tourmentés que nous sommes ce qui prouve que notre esprit enregistre des détails, des évémements et des personnages que nous pensions anodins et qui pourtant nous ont marqués.
Le rêve à le pouvoir de nous emporter dans une histoire au-delà du réel et de faire vivre toutes nos émotions : le bien-être, la joie, le bonheur mais aussi les larmes, l'angoisse et la peur...
Lorsque le rêve nous embarque, il devient incontrôlable alors soit on le vit, soit on le subit...
Mais le rêve reste avant tout un rêve...
Un très beau poème qui nous apporte cette part de rêve que certain d'entre nous ne connaissent plus....
Merci de nous laisser entrer à pas feutrés dans tes rêves.
Amitié sincère Loïc.--
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
Amercenaire · le jeudi 27 octobre 2011 à 23:43
Tu présentes le reve comme une sorte de paradis spirituel, ca me plait aussi ( le ciel et l'enfer sont mariés ( william blake?) à la droite de l'enfant...) on se retrouve dans un domaine fermé, au fin fond de l'esprit, et qui en meme temps est a la source de tout le reste ( les convois de longue distance...) qui donne les marques, les repères pour ressentir, se souvenir des choses.
Et des images, toujours aussi nombreuses et belles! Les cavaliers surtout m'ont surpris.
Amitiés
Ps: as tu vu mon dernier poème? Ton avis m'interresse beaucoup en ce qui le concerne. Si tu l'as déjà vu alors pas vraiment la peine de retourner mettre un commentaire, mais sinon n'hésite pas à me dire ce que tu en penses.
Merci d'avance!
Loïc · le vendredi 28 octobre 2011 à 00:28
Amercenaire : Pour l'enfant, voir ce que je disais à Imparfait. Tu te souviens peut-être, en passant, que c'était également une figure importante pour moi à la fin du "Poids Des Planètes" (l'enfant aux billes dans l'escalier de la cave... un peu pareil qu'ici).
"Le ciel et l'enfer mariés"... Plagiat inconscient ! On va dire que c'est une référence... Mais l'idée qu'on porte en nous notre paradis et notre enfer remonte bien sûr bien avant Blake, dans à peu près toutes les religions, qui n'ont jamais su se décider entre dire si les divinités du Bien et du Mal étaient *hors de nous* ou *partie de nous*. Et comme Dieu nous a créé à son image, dit-on, et qu'il est représenté à travers la Bible comme étant à la fois bienveillant et capable de génocides, ça veut tout dire sur l'état d'esprit de ceux qui lui ont collé ces étiquettes sur le front en espérant s'affranchir de la responsabilité de leur choix. Que Dieu existe ou non, ce que les hommes lui prêtent vient d'eux, pas de Dieu.
Et donc, si on a QUELQUES marques dans le réel, souvent on patauge en rêve, surpris de deux côtés par des émotions conflictuelles qui reflètent de façon plus réaliste, paradoxalement, ce qui se passe en nous. Les "cavaliers" sont un symbole facile pour tout ce qui surgit du "puits" et balayent les défenses derrières lesquelles on a caché des choses à oublier.
PS : Oui, j'ai vu ton dernier poème, mais il est très long, et bien que j'aie prévu de le commenter, le boulot que ça allait être m'a fait remettre la chose à plus tard. J'y vais !
Amitiés à tous deux !
Amercenaire · le vendredi 28 octobre 2011 à 23:50
Pour ce qui est de dieu ( le vrai le grand) nous sommes d'accord. Dans le cas extremement improbable ou une Volonté absolue serait a la source des causes et des effets de l'univers entier, qu'elle puisse avoir un rapport avec nous pauvres humains, ou meme avec nos absurdes concepts de bien et de mal, je n'y crois pas une seconde. Avec dieu on fait bien ce qu'on veut, ses protestations pour détournement de copyright se font rares.
Amitiés
Loïc · le samedi 29 octobre 2011 à 12:38
Enfin bref... La religion, non, la foi, oui. Je pense que quand l'homme a besoin d'une religion pour soutenir sa foi, c'est qu'elle est bien fragile. Heureusement, certains n'en ont pas besoin, et en cela, quelle que soit leur civilisation d'origine, ils sont vraiment, pour de bon, tous frères et égaux. Quant aux autres... il y en a qui se serviront de la religion sans dommage pour leur prochain, mais nombreux sont ceux que les différences de rituels et de messages finissent par vexer, et d'une petite vexation on a vite fait de passer aux vitrines cassées, au Djihad ou aux croisades.
La foi, elle, est un témoignage de cette capacité de l'homme à embrasser l'énormité de la métaphysique ; et que la raison vienne de l'espace ou de l'intérieur, d'un dieu ou de l'homme, la foi est quelque chose de constructif.
Tout comme l'est l'étude de soi à travers les rêves (pour recoller maladroitement à notre sujet, dont on s'écarte un peu là), ou la réflexion en mode éveillé. On n'a pas besoin de prendre un bateau pour voyager !
Amitiés Amercenaire !
poesie101 · le lundi 31 octobre 2011 à 18:03
Mariés/reviendrais ne riment pas ensemble, je suppose que tu dois le savoir; je suppose aussi que tu as fait cette rime parce que c'est votre façon - chez vous - de prononcer les -ais-.
Maxime
Loïc · le lundi 31 octobre 2011 à 18:53
Amitiés
worrell02 · le mercredi 2 novembre 2011 à 20:00
Très belle musique d'accompagnement, que je découvre d'ailleurs!
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02
Loïc · le vendredi 4 novembre 2011 à 00:32
Quant à la "musique d'accompagnement", c'est en fait le groupe Chroma Key, pas seulement Kevin Moore, son membre essentiel. Et j'ai choisi cette chanson parce qu'elle était particulièrement "dreamlike"...
Amitiés Ivy
Nidange · le dimanche 6 novembre 2011 à 19:57
Pour ma part, j'aime rêver et ce poème là, m'a transporté dans mon imagination. Il est vrai que "l'esprit roule le long des pentes, l'esprit s'écoule avec le flux".
J'adore ton poème, il m'a transporté.
Merci pour ce partage.
Amitiés
nidange
Loïc · le dimanche 6 novembre 2011 à 20:34
Tant mieux si le poème a stimulé ton imagination ; j'étais resté très vague et très "classique" dans les métaphores afin que chacun s'y retrouve. J'ai déjà décrit ailleurs mes paysages oniriques personnels, mais ce n'était pas le cas ici.
Amitiés Nidange !
mandoespartero · le samedi 12 novembre 2011 à 14:51
Quel régal!
@rm@nd
Loïc · le samedi 12 novembre 2011 à 16:14
philipchevalier · le vendredi 25 novembre 2011 à 12:54
Un splendide filigrane psychanalytique (c'est un de mes dadas) qui nous permet de te mieux connaître.
Ah que j'aime les "paradis mal enfouis", qui peuvent laisser penser qu'ils (notons le pluriel, chacun à SON paradis, image d'un monde qui s'accorde à nos désirs,
n'est-ce pas) se cachent à moitiés comme l'autruche qui ne se met que la tête sous terre.
Ah ben oui, plus loin est la révélation : le ciel et l'enfer sont mariés. Buvons et trinquons notre honte à l'envie, le monde et l'après-monde ne sont pas manichéennes images d'Epinal.
Au niveau du style (et du fond en même temps), j'apprécie les "frissons d'aurore.Amitiés. Philip
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Loïc · le vendredi 25 novembre 2011 à 13:26
Pour le style rimbaldien, je pense que Rimbaud a un style qui intègre la majeure partie du temps une nuance de sarcasme, de moquerie envers quelqu'un ou quelque chose, à tel ou tel endroit dans ses poèmes. Tu verras peut-être d'anciens poèmes à moi qui sont plus clairement adaptés à cette définition... Mais merci !
Mes amitiés, et je tiens à dire que j'apprécie tes coms fouillés.
Loïc · le vendredi 25 novembre 2011 à 13:31
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 25 novembre 2011 à 15:43
oliverjane1950 · le lundi 20 février 2012 à 21:29
Oliverjane.
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
Loïc · le mardi 21 février 2012 à 11:48
Amitiés !
bluegirl · le vendredi 4 janvier 2013 à 22:46
j'ai aussi aimé lire les coms de certains ...et les réponses que tu as apporté à certain, comme Philip, pour ne citer que lui.
pour les rêves, je suis pas douée...quand il m'arrive d'en faire (rarement), ils finissent 4X sur 5 par une mauvaise rencontre, style mes parents qui pointent leur nez avec leurs maladies à rendre fou...voir pire.
les rêves éveillés, j'en fais plus que dans la journée, et encore l'impact que je peux avoir sur mon rêve est limité.
je m'en vais de ce pas lire ton rêve (heu, ton poème) précédent.
bises Loïc.
Loïc · le lundi 7 janvier 2013 à 15:51
Bises !
salus · le jeudi 27 juin 2013 à 09:02
Comme d'un rêve sur la
salus · le jeudi 27 juin 2013 à 09:04
Fausse manip, qui m'a tout coupé !
mais j'ai aimé...
Amitié,
Salus
Loïc · le jeudi 27 juin 2013 à 18:14
Amitiés Salus !
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