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PREMIER AMOUR "Elle m'aime"

Le mardi 25 mars 2014 à 23:53, posté par jean carlos · 160 lectures

Je me retournai en m’efforçant d’être le plus élégant possible et répondit à son salut. Elle commença à me parler de la façon la plus chaude qui puisse exister. Tout en parlant, on avait fini par se retrouver à la borne fontaine. Une multitude de jeunes jouaient autour de nous en courant dans tous les sens. J’allai m’adosser à un des piliers qui soutenaient la toiture qui protégeait la borne fontaine des multiples intempéries que nous imposait la nature. Pendant un moment, on se tut, et ce fut je me rappelle bien Léonie qui recommença la conversation.
-Pourquoi m’avais-tu envoyé la lettre comme çà l’autre jour ? Si jamais, mon petit-frère avait vu çà, il devait aller tout déballer à mon père. C’est pourquoi je te l’avais remise. Il faut qu’on trouve un jour où on pourra bien causer.
Je n’arrivais pas à y croire. C’était Léonie qui me faisait des avances maintenant. C’est elle qui voulait maintenant un rendez-vous.
-Viens à la maison samedi à 16h avais-je dit sans réfléchir.
-D’accord, j’y serai. Mais retiens que mon petit-frère me surveille beaucoup pour le compte de mon père.
-Je tâcherai de ne pas l’oublier. A samedi.
Le cœur léger, l’âme joviale, je quittai la borne fontaine afin de ne pas me faire surprendre avec ma bien-aimée par son traître de petit-frère. Sans réfléchir, je filai chez Charlie le mettre au courant des derniers évènements. Après avoir discuté un peu avec mon ami, je regagnai la maison, me couchai et me mis à penser à Léonie…Pensait-elle aussi à moi ?
Le lendemain seulement, je commençai à me poser des questions sur le brusque revirement de la jeune fille. La raison qu’elle avait avancée la veille n’était pas valable ; quelque chose ne tenait pas debout. Mais à quoi bon me torturer l’esprit puisque les évènements plaidaient en ma faveur ? Ainsi me bornai-je à penser à Léonie sans rien demander d’autre. J’éprouvais un immense plaisir à passer et à repasser son image dans mon esprit. Eh oui, ne vous étonnez pas, ce pauvre lion avait fini par se laisser apprivoiser.

Le samedi tant attendu arriva, beaucoup plus lentement que les autres. Il était 15 et j’ignorai où je devais recevoir Léonie. Ma grande-sœur se trouvait à la maison. Et la tradition disait qu’à mon âge, je ne devais pas me permettre de manquer de respect aux personnes plus âgée que moi ne fut-ce que d’un jour. Et emmener la fille que j’aimais chez nous en présence de ma grande-sœur, c’était un manque patent de respect. Je ne pouvais me permettre çà. Je sortis et m’installai dehors ; je pris quelques habits et me mis à faire la lessive en réfléchissant. Je n’avais pas encore fait cinq minutes que je vis Hervé venir dans ma direction. Il arriva, me salua et me dit tout cela sans avoir pris la peine de s’asseoir, que Léonie était déjà là et souhaitait me rencontrer. Ce n’était pas possible ; non seulement Léonie avait honoré à notre rendez-vous, mais en plus elle était en avance. Heureusement pour moi, ma grande-sœur s’apprêtait à sortir. Évidemment, cette dernière se mit non pas sur son trente-un mais sur son samedi et sortit. J’étais seul maintenant. Enfin je pouvais recevoir Léonie en toute quiétude. Les dieux de l’amour étaient avec moi. Il ne restait plus qu’à envoyer Hervé lui demander de venir. Mon ami ne se fit pas prier, il me quitta pour réapparaître au bout de quelques secondes avec la déesse de mon cœur. Je n’avais pas bougé, je ne pouvais pas. J’étais comme pétrifié. Je continuais ma lessive improvisée. Léonie s’assit sur un monticule de terre en face de moi. Immédiatement, je perdis toutes mes facultés de contrôle ; je me mis à frotter les habits de façon mécanique, m’attardant sans le savoir sur le même endroit.
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