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Déraisonnable imaginaire

La ruine ( les voix de Baba Yaga)

Le dimanche 1 juillet 2007 à 02:09, posté par Lilith · 258 lectures

La ruine

Soudain , elle était là...
Dans un fouillis de ronces , de lierre
Blottie dans un nid d'éboulis
telle une lourde bête tapie,
figée dans sa gangue de pierre.

Rien ne l'annonçait, ni pancarte ni sentier
Posée sur son caillou
s'imposant tout à coup
dans une humble majesté.

Puissance de la ruine ...
Victorieuse , oubliée
Dans la combe elle domine
un monde tout peuplé
de trous noirs, de gravats
de touffes de chélidoines
accrochées à ses flans,
d'araignées affairées
à capturer les larmes
qu'un petit chêne
habillé de lichen
leur offre en se tordant

Le soleil est timide.
Il n'entre qu'à moitié
sans doute pour éviter
d'accabler la paisible
fraîcheur du ventre de la ruine.

Nature laissée à elle même
Dans son silence crissant
inquiétant, presque palpable.

Comme une bouche ouverte
édentée, la porte de bois vermoulu
n'oppose aucune résistance
au vent , aux errants,
aux oiseaux nichant
sous son toit béant

Elle m'invite ... j'entre!

Quand je franchi le seuil , déjà
l'ombre m'étreind
Tout autour la pierre,
rien d'autre que la pierre
Le sol jonché de tabac séché,
tapis composté sans moisissure,
les dalles éclatées font de larges blessures,
le rocher brut, pas de plancher
la terre sous mes pieds nus
fraîche , douceur satinée
une caresse de bienvenue.

C'est à cet instant que le soleil osa
tenter une entrée indiscrète
dans le sein de la maison
et dans ce temple il déposa
un trait d'or sur ma tête
comme une bénédiction.

Je ne sais pas exactement
combien de temps je suis restée
captive d'un sentiment
étrange et familier
dans les odeurs d'humus
et de bois mélangées
mais quand le soir venu je sorti de la ruine
une voix me parlait
une voix féminine...
Etait ce Baba Yaga ,
sorçière des lieux sauvages
qui nous ballade parfois
sur le bord des rivages
de la nature profane
comme un message
de la vraie vie ?

C'est alors que j'ai compris:
un jour j'habiterai la ruine
Je quitterai tout , c'est promis

J'ai tombé ma peau citadine
j'ai attendu longtemps, longtemps
que plongent mes racines
dans l'enchevêtrement
inexploré de mon intime
quitter les parcours fléchés
des émotions programmées
abandonner mes yeux voilés,
mes mains gantées
pour voir toucher
la boue, la fange et toutes les bêtes
qui grouillent dans mon dos
me coucher sur la mousse
laisser vivre l'arbre mort des années d'avant la ruine
Et regarder tranquilement le temps qui pousse
La vie comme un cadeau
Offert au détour d'un chemin
Même si , même si
On ne demandai rien...

Je me réveille
Je sais maintenant
elle était moi dedans
et j'étais moi en elle.

Lilith
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1 commentaire

Jean Yves · le jeudi 12 juillet 2007 à 01:44

C'est le merveilleux récit d'une belle rencontre entre une demeure en ruine mais vivante et ta fémnité dans les émotions de retrouver des racines ancestrales

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