Le pinson

Posé sur un rameau, le pinson* est muet.
Je n’entends point son chant. Pas le moindre filet
Ne s’échappe de lui. Je me penche et j’écoute.
Même en fermant les yeux, cet aspect me déroute;
Lentement, je m’approche et je vois entrouvert
Son bec large et pointu près du feuillage vert.
Aucun son cependant ne perce le silence.
Seul sur l’argent du soir, l’oiselet se balance.
J’espère, suspendue au fil de l’horizon,
Retenant mon soupir et son exhalaison.
S’il s’enfuit, s’il s’envole avant qu’il ne m’enchante
Mon cœur va se serrer… Mon âme est impatiente!
Mais, tout à coup, flottant sur l’espace endormi,
Un sifflement léger, ravissant, a frémi…
Son fado couvrant l’air d’un délicieux murmure
Embellissait mon cœur, mon âme et la ramure.
*Le pinson est un passereau rare au Québec. Mais c’est ainsi que nous surnommons les bruants. Le bruant à gorge blanche a un sifflement qui ressemble à ceci : «où es-tu, Frédéric». Mais les enfants d’ici (sans doute ceux de chez vous aussi) chantent plutôt «cache ton cul, Frédéric…»
Je n’entends point son chant. Pas le moindre filet
Ne s’échappe de lui. Je me penche et j’écoute.
Même en fermant les yeux, cet aspect me déroute;
Lentement, je m’approche et je vois entrouvert
Son bec large et pointu près du feuillage vert.
Aucun son cependant ne perce le silence.
Seul sur l’argent du soir, l’oiselet se balance.
J’espère, suspendue au fil de l’horizon,
Retenant mon soupir et son exhalaison.
S’il s’enfuit, s’il s’envole avant qu’il ne m’enchante
Mon cœur va se serrer… Mon âme est impatiente!
Mais, tout à coup, flottant sur l’espace endormi,
Un sifflement léger, ravissant, a frémi…
Son fado couvrant l’air d’un délicieux murmure
Embellissait mon cœur, mon âme et la ramure.
*Le pinson est un passereau rare au Québec. Mais c’est ainsi que nous surnommons les bruants. Le bruant à gorge blanche a un sifflement qui ressemble à ceci : «où es-tu, Frédéric». Mais les enfants d’ici (sans doute ceux de chez vous aussi) chantent plutôt «cache ton cul, Frédéric…»
6 commentaires
domi · le samedi 22 août 2015 à 08:16
question rythme de lecture j'ai été un peu frustrée par le vers 4 car il est le seul qui n'ait pas ses 12 pieds , une coquille sans doute, encore bravo !
bisous
Pierre · le samedi 22 août 2015 à 11:07
ser(e)in comme un pinson ! Amitiés,
imparfait · le samedi 22 août 2015 à 13:10
Merci pour ce doux moment de lecture qui nous projette dans cette nature où il faut tendre l'oreille pour entendre les sons les plus discrets de nos petits passereaux.
Ici, en plus des pinsons, nous avons la chance d'être réveillés pas "tri-tri-tri" des mésanges et le chant joyeux des jolis chardonnerets.
Il y a quelques temps j'ai écrit un poème pour mon oncle qui est un passionné de nature et de petits oiseaux, et voilà ce que je lui écrivais concernant le pinson :
...Un joyeux sifflement se perd dans le feuillage,
Un écho l'accompagne à travers les buissons ;
Ce sont de gais lurons, qu'on appelle pinsons
Dans leur robe orangée, ils rentrent de voyage...
On va dire que mon pinson rentrait du Canada après avoir "Embellissait ton cœur, ton âme et la ramure."
Merci pour ton dernier commentaire qui m'a fait très plaisir.
Bises chère Lucille, je pars en vacances lundi alors j'espère te lire en rentrant.
Lucille · le samedi 22 août 2015 à 14:59
Pierre, j'ai remarqué que tu es un redoutable joueur de mots, tu les manipules en expert!
Lucille · le samedi 22 août 2015 à 15:09
Guy · le samedi 22 août 2015 à 18:15
Ton bruant ne s'appelait pas Aristide je suppose. Rires ! Mais cela m'a donné une idée.
Amitiés
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