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L'imaginaire

Comme les fleurs, la vie refleurira !

Le samedi 10 septembre 2016 à 14:49, posté par Magnouac · 120 lectures

Toi, que j’ai rencontrée encore dans sa jouvence,
Dont j’ai vu les beautés s’épanouir en femme,
Je sais tout de ton corps, de tes yeux, de ton âme,
De ton regard surtout, où se lit ton enfance.
Aucun n’a échappé à mon œil impatient.
Mon élan est si fort et mon cœur est si grand,
Que j’imagine, rêve et entrevois en toi
Une amante parfois, plus souvent une sainte !
Car dans tes oraisons repliées sur ta foi,
Tu tends à oublier les beaux jours sans complaintes.
Mais la vie perd son sens quand le passé s’oublie !
Cela, l’as-tu compris ?

À moi qui t’ai reçue et qui t’ai dévolu
Tout mon pain et mon vin lorsque tu es venue,
Comment peux-tu montrer autant d’indifférence ?
Pas même un geste doux, aucune déférence !
C’est-il que cette foi qui t’absorbe en ton Dieu,
Efface pour toujours les souvenirs heureux ?
C’est-il que ton esprit rendu inaccessible,
N’entende plus l’appel d’un amour indicible ?
Et pourtant, c’est bien moi qui t’ai appris la vie ;
Et des secrets du monde, c’est moi qui t’ai ravie !
Suis-je un Pygmalion privé de Galatée,
La déesse Vénus m’a-t-elle délaissé ?
Car la vie perd son sens quand le passé s’oublie !
Cela, l’as-tu compris ?

Comme j’espère encore quand tout est contre moi,
Mon sort est-il scellé ou ai-je encore un choix ?
N’ayant derrière moi que souvenirs perdus,
Et n’ayant devant moi qu’un horizon sans but,
Comme le scorpion pris au piège des flammes,
La mort épongera la passion qui m’enflamme !
Seuls le feu et la mort, dans un foyer immense,
Finiront par noyer ma flamme et ma souffrance.
Mais la vie perd son sens quand le passé s’oublie !
Cela, l’as-tu compris ?

Condamné à mourir, je ne vois pas de croix,
Ni de Jérusalem ni d’échelle célestes ;
Seul le fervent espoir de mon salut me reste.
Je ne vois qu’un tombeau, dans le sol, devant moi ;
Avec moi, j’enfouis mon chagrin malheureux.
Dans cet obscur caveau que rongera le temps,
Je n’aurai le salut ni de toi ni de Dieu !
Mais qui sait, il se peut que de jeunes enfants
Qui passeront par-là, y poseront des fleurs !
Leurs graines germeront et trouveront vigueur ;
Avec elles mon âme, y trouvant ses repères,
Dans un élan subtil se fondra dans l’éther
Et dans son vol prendra ses anciennes couleurs.
De la même façon, mon corps et mon esprit,
Enivrés de muguet, renaîtront à la vie.
Car la vie ressurgit là où poussent les fleurs,
Et reprend tout son sens quand le passé revit !
Cela, l’as-tu compris ?
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1 commentaire

rivaudais · le samedi 10 septembre 2016 à 17:48

Poème/plainte et résignation d'un amour malheureux qui se sublime dans l'écriture, ( Ah ! la solennité et la dignité de l'alexandrin) et qui pourtant lutte et doute toujours de l'indifférence meurtrière..Quelques vers plus particulièrement mériteraient de rester à la postérité. Ainsi "Mais la vie perd son sens quand le,passé s'oublie" ou encore " Car la vie ressurgit là où pousse les fleurs" (malgré le hiatus). Des évidences, encore faut-il les dire Et en vers c'est encore mieux Une réserve cependant (mais qui n'engage que moi) je n'apprécie pas beaucoup les "C'est-il". Voire même "Cela, l'as-tu etc". des expressions qui;, pour moi, affaiblissent, voire enlaidissent le poème

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