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đŸ„”đŸ˜ąđŸ˜­13 - Heurs et malheurs

Le mercredi 23 septembre 2020 à 14:55, posté par FRANCOIS · 43 lectures

Mon gnomon biologique me signale, par l’intermĂ©diaire de mes

douleurs musculaires et de mes souffrances articulaires, que

mes saisons sont comptées, aussi il est inutile de galvauder

d’inestimables heures Ă  gigoter sur son matelas en espĂ©rant

le passage du marchand de sable.



Aussi, afin de conjurer le sort de ces interminables crépuscules,

ponctuĂ©s par les consonances d’insoutenables insomnies, je

m’astreins à m’extirper de ma couche, afin de ne pas perturber

l’assoupissement de mon aimante dulcinĂ©e.




C’est au cours de ces pĂ©nibles intervalles, que des abstractions

lancinantes chevauchent et fermentent dans mon bulbe

encéphalique.



Afin de ne pas pervertir les filigranes adducteurs des primitives

inspirations, il convient de les transcrire immédiatement sur

un support papier, avant qu’elles ne s’évadent prĂ©cipitamment

de la boĂźte crĂąnienne.



Ces levains substantiels, il faut évidemment les mouvoir à bon

escient, pour recueillir la prééminente sĂšve s’épanchant des

arborescences de la pensée.



Puis, lorsque la prĂ©potence du flux imaginatif s’amenuise,

que le ruisseau fantasmagorique s’étiole, il devient prĂ©fĂ©rable

de rĂ©intĂ©grer sa chambre dans le but d’y rĂȘver en toute libertĂ©.




L’anecdote que je vais vous rĂ©vĂ©ler aujourd’hui s’inspire de

l’histoire des classes impĂ©cunieuses, de leurs sanguinolentes

rĂ©bellions Ă  l’encontre des contingents aristocratiques et

bourgeois, qui les ont pressurés depuis la nuit des temps.



Le poÚme est constitué de vers comportant treize syllabes,

combinaison d’hexasyllabes et d’heptasyllabes, avec des rimes

dites embrassées, car les consonances masculines et les

terminaisons fĂ©minines se succĂšdent dans l’ordre subsĂ©quent :

– a (observateur : masculin) – b (escarmouche : fĂ©minin)

– b (bouche : fĂ©minin) – a (orateur : masculin)

et puis l’inverse.





En tant que récit narré| par des observateurs

Des vestiges, des ans, | l’originelleËœ escarmouche

Diligemment s’enfuit, | se dĂ©pĂȘtre de la bouche

De sculpteurs de pierres, | nitescents orateurs.



Au temps des pharaons, | bĂątisseurs de pyramides,

Privés de leurs rations, | intentent des procÚs

Devant le chef du village, | couronnés de succÚs,

Gestes paradoxaux | sous époques ramessides.




Dans les constitutions | d’antiques nations,

Dans les gouvernements, | et poussiéreux régimes

Magnats et compagnons, | sans antonymiques mimes

S’unissent en confrĂ©ries, | et corporations.



Mais, progressivement, | les brĂšches vers les maĂźtrises,

Se ferment, et les codes, | plus cruels et cinglants

De l’existence procrĂ©ent | des remous aveuglants

Troublant éditions | et filatures comprises.



L’écheveau des mĂ©tiers | s’affirmeËœ antĂ©rieur,

À l’évolution | des loups superfĂ©tatoires

Parsemant rémouleurs, | taillandiers méritoires

Ou divergents arbitres, | de rang supérieur.



Lentement, s’érigent | les spectaculaires forges,

Les fonderies empourprées, | les objets rubiconds,

QualifiĂ©s d’hauts-fourneaux, | les refrains furibonds

D’implacables machines | dilatant de chaudes gorges.



Puis, les loges rassises | promeuvent le contrat

Personnel reposant | sur autonome foucade,

Pour offrir au captif | l’inexorableËœ estocade

L’obligeant Ă  s’échanger, | en loqueteux forçat.



Jouxtant sidérurgies, | bancs et gisements de houille,

Les appareils enragés | de pompeux fabricants,

Happent les prisonniers. | Des sifflets urticants

Les propulsent sans soins | vers un calvaire de rouille.



Durant cetteËœ Ă©ternitĂ©, | bateaux, chemins de fer

Livrent la main – d’Ɠuvre, | la cloisonnent dans des villes,

Favorisant baisses | des paies, diffusant pupilles

Dans un climat inhumain, | aux portes de l’enfer.



Les soufflets des conflits, | entre puissances voisines,

Motivent la Commune˜ | et ses fraternels projets.

Au-delà, les syndicats, | légitimes sujets

S’expriment librement | au mitan de leurs usines.



TrĂšs loin des bacchanales, | notre premier mai,

De germeËœ amĂ©ricain, | car date d’une prochaine

Partance pour ailleurs, | est l’alcîve souveraine

Des martyrs et opprimĂ©s, | dignes d’un frĂšre lai.



Vaguement achevĂ©s, | sur leurs grabats d’ambulance,

Les cortÚges fusillés | hantent les défilés.

Les dépouilles mutilées | des hommes tréfilés

Solfient Ă  l’unisson | l’hymne de la tolĂ©rance.



Oh ! un subtil charlatan, | patelin de tribord,

S’aventureËœ en tribun, | en prĂ©dicateur crĂ©dible,

Admonestant l’état, | afin d’atteindre sa cible,

D’obtenir du patronat, | soutien et accord.



Le contraste malsain | de notre aristocratie

De rebondis détenteurs | et seigneurs terriens

Ferraille factions et | flots prolétariens,

Procédant par heurts et | sans diplomatie.



Les doctrines fascistes | n’ont point temporisĂ©

Pour dicter un discours | de véhémente rupture,

Souffler un massacre | de turpitude troncature,

Des soubresauts ouvriers, | qu’ils ont fluidisĂ©.



Les coups de colĂšre | des mutuelles senestres

Accusent les chñtiments | d’imposants escadrons,

Brûlant les drapeaux rouges, | condamnant aux chaudrons

Presses libérales, | non-conformistes bourgmestres.



Les factieux ont pétri | un lourd potentiel,

De calleux combattants, | de coteries virulentes,

Aidées par vétérans | pour attaques violentes,

AppuyĂ©es par capitaux | du mondeËœ industriel.



Pourtant, des clans locaux | se rebellent envers hausses

Des tributs, privations | farouches en produits

D’usages quotidiens, | bannetons Ă©conduits,

Sébiles malingres | raccommodant haut-de-chausses.



Désormais, des potentats, | des pandours, des soldats,

Dans un enclos fini, | d’un Ă©ther Ă©conomique

Noir, engendrent mutins, | secouent la république,

Élucubrent profiteurs | investis de mandats.



Les slogans soutenus | de la magistrale droite,

Exploitent le tumulte | des cris injurieux,

InfĂ©conds pour s’assembler | en ordre sĂ©rieux,

Donnant Ă  leurs frissons | une consĂ©quenceËœ Ă©troite.



Les vastes difficultés, | de ravitaillement,

Croissent traumatismes, | séditions générales,

Causent affrontements, | et haines bilatérales,

Coupent la sociĂ©tĂ© | d’un prompt cisaillement.



La plÚbe contrainte | par crises spéculatives,

Cessations d’enseignes, | pĂ©nurie de charbon,

Misanthropie bourgeoise | d’un insolent barbon,

Doit endurer croix ou | géhennes cumulatives.



Les poussées réformistes, | contre les gestions

Collectives, visent | à floculer dans l’impasse

Les fédérations | de la miséreuse classe,

Pour capter finalement | les exploitations.



Chutant sur des terrains | munificents en embauches,

Dans l’esprit des campagnes, |les rogues subversifs,

Recrutent des faisceaux mûrs| pour des chocs agressifs,

De rĂȘches sicaires| scrupuleux dans leurs Ă©bauches.



Sans aucunes missions| strictes, capacités,

Autres que passives, | conjugaisons entre sites

De travail, les houles| sociales composites,

S’étranglent par carence| de spontanĂ©itĂ©s.



DĂšs que l’apaisement | dĂ©mantĂšle les menaces,

Que la grĂšve s’épuise, |du fait d’arrangements,

Que les compromis matent| ces fĂącheux mouvements,

Les agents sont punis| de maniĂšres pugnaces.



Il sied de s’acquitter,| sans efforts explosifs,

Du prix des différends, | sans profits, ni avantages,

Du coût des brisements,| des fulgurants abattages,

De s’îter incontinent| des dĂ©clins occlusifs.



La révolution | des masses laborieuses,

Dans une contention |d’équitables valeurs,

Doit corriger ses pertes,| oublier ses pĂąleurs,

Par l’imbrication| d’actions audacieuses.
Illustration du poĂšme « đŸ„”đŸ˜ąđŸ˜­13 - Heurs et malheurs »
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