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đŸ˜ŒđŸ±â€đŸ‘€đŸ˜č14 - les oiseaux

Le dimanche 27 septembre 2020 à 18:22, posté par FRANCOIS · 54 lectures

Illustration du poĂšme « đŸ˜ŒđŸ±â€đŸ‘€đŸ˜č14 - les oiseaux »
Quoique je m’arroge cette valĂ©tudinaire insuffisance dans le royaume de
la gastronomie, j’envisage qu’il rùgne une scrupuleuse correspondance
entre la dextérité culinaire et le domaine littéraire.



Dans l’invariable intention d’étançonner dĂ©cemment ma philosophie, je me
permets de souligner les divergentes molĂ©cules, qui s’infiltrent dans la
construction de la divine recette d’un fantastique pot au feu prĂ©parĂ© selon
des mĂ©thodes dites Ă  l’ancienne.



En effet, les doses et les quantitĂ©s de l’intĂ©gralitĂ© de ces substances
extraites des organes contractiles ou des intermédiaires garantissant
la mobilitĂ© ou l’endurance Ă  l’encontre des Ă©nergies pĂ©riphĂ©riques,
muscles appartenant essentiellement à la catégorie des oiseaux et des
mammifÚres, constituent de prime abord les linéaments primordiaux de
toute Ɠuvre manuscrite.




Cependant, ce stupĂ©fiant rapprochement ne s’attarde pas Ă  cet unique
facteur de comparaison, car en réalité, les parties adamantines et les
pans infrangiles, formant l’architecture des vertĂ©brĂ©s, accommodĂ©e
de quintessences mallĂ©ables, s’apparentent aux rĂ©parties humoristiques
ou épigrammatiques du concepteur.




De mĂȘme, les diffĂ©rents vĂ©gĂ©taux s’engageant dans le vertigineux
engrenage des croisiÚres à prétention nutritive, ou à vocation comestible,
qu’ils soient cataloguĂ©s dans un cycle biennal, ou qu’ils disposent
d’interminables limbes de couleur pistache, ou de teinte Ă©meraude,
figurent inévitablement les intolérables expectatives, les esquisses
nĂ©buleuses, dignes d’ĂȘtre refoulĂ©es au fond d’une corbeille.



Quant aux légumes à naissance pivotante, ressortant de la caressante
parentĂšle des ombellifĂšres, ils symbolisent Ă  merveille les silencieuses
dĂ©libĂ©rations psychiques, qui vous ensevelissent dans l’immense taniĂšre
sépulcrale de la méditation.



Dans cet amphigourique labyrinthe minoen, oĂč soudainement votre
volontĂ© s’estompe, et que brusquement vous vous sentez, abandonnĂ©
par la terre entiÚre, solitaire et désemparé face aux ophidiens de la
dĂ©tresse et de l’épouvante, et qu’armĂ© d’un cacochyme bĂątonnet fusible
assiégeant maladroitement un rachitique épi trémulant, vous osez vous
hasarder à gravir l’escalier flexueux et pentu menant à la lumiùre.



Bien entendu, les crucifÚres déploient un remarquable agencement de
multiples parcelles, opérant en tant que mainteneurs, et souventes fois,
elles demeurent surabondamment colorées et odoriférantes, en ceignant
les agents reproducteurs.




Par conséquent, leurs resplendissantes corolles, leurs soyeux filets, et
leurs prolifiques anthÚres équivalent aux fragments énigmatiques, aux
bribes opaques et sibyllines de l’ouvrage, et oscillent par dĂ©duction
entre une production transcrite sans authenticité et originalité et un
prodigieux enfantement.



Néanmoins, les turgescences subreptices des solanacées simulent à la
perfection l’amidon fĂ©dĂ©rateur, qui empĂšse les tissus des caractĂšres
primaires d’un simple propos, les enchevĂȘtrements Ă©pineux et profus
des phalanges de mots, en somme cela peut se résumer à un puzzle
ludique consistant à enrégimenter les annotations séditieuses, subversives
griffonnées à la sauvette, qui se dérobent malicieusement aux quatre
encoignures d’un cahier hirsute



Que dire des minuscules ramifications, baptisées quelquefois de flancs
de pĂ©tioles, convenant communĂ©ment au gentil persil des marais, qu’ils
confĂšrent Ă  la plupart des textes un esprit lunaire, une inflorescence
inhabituelle, une compréhension autogame à la succulence légÚrement
piquante et poivrĂ©e, qu’elles mĂ©tamorphosent la personnalitĂ© du sujet,
la magie du verbe, magnifient les vocables qualificatifs et amendent les
dominants substantifs.



Maintenant, il ne faut surtout pas négliger toutes ces denrées participant à
la confection d’un divin panachĂ©, dont l’énumĂ©ration subsĂ©quente devrait
s’avĂ©rer correcte et exacte, puisqu’elle embrasse les ingrĂ©dients suivants :
un merveilleux couple d’oignons pour obvier Ă  l’anasarque des interprĂ©tations
douteuses, quelques dĂ©bris de cayeu d’une prosaĂŻque rocambole dans le but
de lénifier les dénigrements acerbes.



La description minutieuse du sublime mode de concoction de mon bouillon
n’est pas achevĂ©e, car il dĂ©pourvu d’un beau et souriant assortiment de plantes
aromatiques, parmi lesquelles les labiées stimulant les idées quiÚtes
et olympiennes, les lauracées attribuant la grande perpétuité des ramages,
la survivance des poĂšmes, l’immortalitĂ© des romances, les boutons fougueux
des myrtacées, dont les vertus thérapeutiques soulagent lentement les
épulidesdes détracteurs et combattent les infections virales des infamies.



A présent que les orchestrations de cette folle farandole pressent
indubitablementleurs aboutissements, que tous les échantillons épars
de la fulgurante dialectiquese soient agglutinés, que les savantes
locutions des apologues aient été expurgéesde leur surplus pour regagner
leur loquacité, que les ultimes remaniementsaient modifié la texture, que
les significations aient bouleversĂ© l’ordre des mots,je vous convie Ă  ma table.



Certes, les préparatifs sont consommés, aussi je prie de bien vouloir vous
asseoirdevant un buffet champĂȘtre couvert d’une nappe folĂątre, de dĂ©couvrir
l’euphorique soupiĂšre, afin d’y puiser Ă  volontĂ©, de gorger vos assiettes jusqu’à
satiété, de nousserrer les coudes en brandissant nos gobelets, tout en buvant
Ă  la santĂ© des Ă©toiles, de la nature, et du firmament, et en prĂȘtant une oreille
précautionneuse et attentive aux sublimes gazouillis des oiseaux.



Dans leurs élévations | et majestés de condors,

Ils supervisent Mayas, | survolent conquistadors,

Loin, au-dessus des Andes, | des cimes capricieuses,

D’escarpementsËœ et pitons, | aux lignes vertigineuses.



Leurs pinacles dĂ©nudĂ©s, | leurs crĂȘtes symptomatiques,

Leurs plumagesËœ aux marbrures, | leurs structures mĂ©talliques,

Ne peuvent ternir clichés | ou implacables images

De ces belliqueux griffons | et réputés nécrophages.



Aucune mandoline, | nul luth et violoncelle,

Quand voltige, dans l’azur, | l’inlassable crĂ©cerelle,

Avec des serres pointues, | un éperon recourbé,

Une moustacheËœ ombreuse,| une cluseËœ ayant fourbĂ©.




Dans le laiteux firmament, | sa jaquette fuselée

Oscille, tressauteËœ envers | ondĂ©e, vent, grain, et marrĂ©e,

Par-delĂ  des bocages | buissonneux, et frustres landes,

A la recherche de proies | pour exaucer ses demandes.



Il n’est point de l’auguste | descendance des busards,

Ne possĂšde nullement | la grandeur des charognards.

AssurĂ©ment, ce n’est qu’un | anodin petit butor,

Qui se soumet promptement | aux flammes de thermidor.



Fréquemment, il se cache | dans le giron des roseaux,

Pour danser le fandango, | escorté des bécasseaux,

Puis s’en va dĂ©ambuler | avec agamis trompette,

Et finit par sommeiller | sur une jonchée molette.
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