đââ”16 - Nulle part ailleurs

Sans contredit, ce satellite illusoire et préoccupant frigorifiait mon anatomie,
et je savais Ă juste titre, que je nâĂ©tais quâun phlegmon indĂ©sirable, non
conforme aux prescriptions conventionnelles, et comme je me sentais de
trop, il était convenu que mon misérable strapontin était devenu un siÚge
Ă©jectable, en quelque sorte pour les personnes bien pensantes, je nâĂ©tais
quâun macchabĂ©e ressuscitĂ© et galvanisĂ©, un Ă©trange zombi enfantin et
simplet, un revenant vacillant, dont la subjectivitĂ© fantomatique nâavait pas
choisi le bon endroit et la période adéquate pour venir au monde.
En cet hégire impitoyable et barbare chaperonné par le despotisme financier
et budgĂ©taire, lâhumanitĂ© sauvage et dĂ©cadente nâest plus quâun dĂ©sert
aride et brĂ»lant, corrodĂ© par les infamies et les guerres, oĂč chaque ĂȘtre
opprime et prĂ©sure son voisin, dans cette cruelle vĂ©nerie, et oĂč tous les
arquebusades délictueuses et répréhensibles sont autorisées, voilà pourquoi
je ne pourrais trouver la pleine béatitude dans ce charnier nauséabond.
Dans aucun autre endroit, nulle part ailleurs, je ne pourrais trouver le
repos absolu, car je suis une Ăąme taraudĂ©e et scrofuleuse, en quĂȘte dâun
idĂ©al inaccessible, dâun songe chimĂ©rique, que je nâatteindrais jamais, mĂȘme
si lâesprit libre culmine et voltige au-dessus des cimes vertigineuses et
perdurables, que la raison compacte ne pourra point surplomber.
Aucun canevas, plan, | ouvrageËœ ou dictionnairÂŹe
Ne pointeËœ un univers, | plutĂŽt visionnaire
Dâun zoo sĂ©millant, pour | les enfants trĂ©pidants,
AnimĂ© par phĂ©nix, | licornesËœ et Ă©lĂ©phants.
Jamais, en cet endroit, | le créateur ne migre.
Ce coin est un site | pour escaleËœ et relĂąche,
OĂč sâaccordent zĂ©bus, | impala, gnou, et tigre,
Sâunissant pour finir | une notable tĂąche.
Dans ce nid, oĂč vivent, | en paix, les continents,
PrĂ©domineËœ un climat | de parfaiteËœ harmonie,
Car en ce lit joyeux | interdit aux serpents,
PapillonneËœ un soupçon, | un grain de symphonie.
Forcément, le lion, | en excellent monarque,
Avec dextĂ©ritĂ©, | guideËœ et conduit sa barque,
Entend les plaidoyers, | geignements et remarques,
Et dans sa rĂ©serve, | quĂȘte conseil aux Parques.
En ce point, tous les jours | sont de joyeux dimanches.
Les minutes semblent | se maintenir aux branches
PoudrĂ©es des pĂ©nates, | rĂ©ceptaclesËœ et cabanes
Enlacés de festons | ivres de badianes.
Sans bruit fusent des tirs | soignés en artifices
Pour fĂȘter des noces | sublimes de dĂ©lices
Rimées par folklores, | musiques, récitals,
Chants dâexaltation | pour bals et festivals.
Un gai flamant rose | soutenu par rambarde
Lutine flĂ»teËœ Ă bec | ocarina, guimbarde.
Un pimpant rossignol | magnifie son aubade
ConfirmĂ©e dâambroisie, | dâanis et dâorangeade.
DĂšs quâĂ©mulsion, lait, | gel cosmĂ©tique farde
Divine coquineËœ en | mousseline : lâoutarde
Fleurit la vitrine. | Quoique son galant tarde,
Lâoie du Capitole | cristallise la garde.
Dans leurs polychromes | livrées, les bouquetins,
Experts érudits pour | assurer les festins,
Promeuvent dans lâĂ©ther | des torrents de corbeilles
Gonflées de groseilles, | de cerises vermeilles.
Ănes, mustangs, tarpans, | hĂ©miones nomades
Sâabreuvent lentement | aux puits de limonades,
Et pour ingurgiter | des substances légÚres
Grappillent fourrages, | délicates fougÚres.
De leur ambleËœ enjĂŽleuse, | dâagrĂ©ables girafes
Servent des amphores, | cratĂšres, brocs, carafes.
Cinq renards éméchés, | à foison, goguenards
Sâexercent mollement | aux concours de hasards.
De pudibonds oursons | caressent les margelles,
Sous strictes tutelles | nettement maternelles.
En douces grisettes, | de novices gazelles,
Aux regards alanguis, | songent sur balancelles.
Tandis que le secret | caracole˜ et badine,
Dans sirop bouillonnant | et flot de grenadine,
Le chamois, éternel | troubadour en ballade,
ParaĂźt serein, gaillard | pour battre la chamade.
Dans ce parc, oĂč veillent | de joyeuses avelines,
OrnĂ©es de soie, parĂ©es | dâallĂšgres capelines,
Drapées de tuniques, | de chasubles divines
Sâempourprent tel un feu | dâĂ©tranges zibelines.
AussitĂŽt que mon cĆur | connaĂźtra le silence,
Jâirais dans cet Ă©den | de la pureËœ innocence,
Et je me cacherais, | sans cri, sous les boisseaux,
Afin de mâassoupir | Ă cĂŽtĂ© des oiseaux.
et je savais Ă juste titre, que je nâĂ©tais quâun phlegmon indĂ©sirable, non
conforme aux prescriptions conventionnelles, et comme je me sentais de
trop, il était convenu que mon misérable strapontin était devenu un siÚge
Ă©jectable, en quelque sorte pour les personnes bien pensantes, je nâĂ©tais
quâun macchabĂ©e ressuscitĂ© et galvanisĂ©, un Ă©trange zombi enfantin et
simplet, un revenant vacillant, dont la subjectivitĂ© fantomatique nâavait pas
choisi le bon endroit et la période adéquate pour venir au monde.
En cet hégire impitoyable et barbare chaperonné par le despotisme financier
et budgĂ©taire, lâhumanitĂ© sauvage et dĂ©cadente nâest plus quâun dĂ©sert
aride et brĂ»lant, corrodĂ© par les infamies et les guerres, oĂč chaque ĂȘtre
opprime et prĂ©sure son voisin, dans cette cruelle vĂ©nerie, et oĂč tous les
arquebusades délictueuses et répréhensibles sont autorisées, voilà pourquoi
je ne pourrais trouver la pleine béatitude dans ce charnier nauséabond.
Dans aucun autre endroit, nulle part ailleurs, je ne pourrais trouver le
repos absolu, car je suis une Ăąme taraudĂ©e et scrofuleuse, en quĂȘte dâun
idĂ©al inaccessible, dâun songe chimĂ©rique, que je nâatteindrais jamais, mĂȘme
si lâesprit libre culmine et voltige au-dessus des cimes vertigineuses et
perdurables, que la raison compacte ne pourra point surplomber.
Aucun canevas, plan, | ouvrageËœ ou dictionnairÂŹe
Ne pointeËœ un univers, | plutĂŽt visionnaire
Dâun zoo sĂ©millant, pour | les enfants trĂ©pidants,
AnimĂ© par phĂ©nix, | licornesËœ et Ă©lĂ©phants.
Jamais, en cet endroit, | le créateur ne migre.
Ce coin est un site | pour escaleËœ et relĂąche,
OĂč sâaccordent zĂ©bus, | impala, gnou, et tigre,
Sâunissant pour finir | une notable tĂąche.
Dans ce nid, oĂč vivent, | en paix, les continents,
PrĂ©domineËœ un climat | de parfaiteËœ harmonie,
Car en ce lit joyeux | interdit aux serpents,
PapillonneËœ un soupçon, | un grain de symphonie.
Forcément, le lion, | en excellent monarque,
Avec dextĂ©ritĂ©, | guideËœ et conduit sa barque,
Entend les plaidoyers, | geignements et remarques,
Et dans sa rĂ©serve, | quĂȘte conseil aux Parques.
En ce point, tous les jours | sont de joyeux dimanches.
Les minutes semblent | se maintenir aux branches
PoudrĂ©es des pĂ©nates, | rĂ©ceptaclesËœ et cabanes
Enlacés de festons | ivres de badianes.
Sans bruit fusent des tirs | soignés en artifices
Pour fĂȘter des noces | sublimes de dĂ©lices
Rimées par folklores, | musiques, récitals,
Chants dâexaltation | pour bals et festivals.
Un gai flamant rose | soutenu par rambarde
Lutine flĂ»teËœ Ă bec | ocarina, guimbarde.
Un pimpant rossignol | magnifie son aubade
ConfirmĂ©e dâambroisie, | dâanis et dâorangeade.
DĂšs quâĂ©mulsion, lait, | gel cosmĂ©tique farde
Divine coquineËœ en | mousseline : lâoutarde
Fleurit la vitrine. | Quoique son galant tarde,
Lâoie du Capitole | cristallise la garde.
Dans leurs polychromes | livrées, les bouquetins,
Experts érudits pour | assurer les festins,
Promeuvent dans lâĂ©ther | des torrents de corbeilles
Gonflées de groseilles, | de cerises vermeilles.
Ănes, mustangs, tarpans, | hĂ©miones nomades
Sâabreuvent lentement | aux puits de limonades,
Et pour ingurgiter | des substances légÚres
Grappillent fourrages, | délicates fougÚres.
De leur ambleËœ enjĂŽleuse, | dâagrĂ©ables girafes
Servent des amphores, | cratĂšres, brocs, carafes.
Cinq renards éméchés, | à foison, goguenards
Sâexercent mollement | aux concours de hasards.
De pudibonds oursons | caressent les margelles,
Sous strictes tutelles | nettement maternelles.
En douces grisettes, | de novices gazelles,
Aux regards alanguis, | songent sur balancelles.
Tandis que le secret | caracole˜ et badine,
Dans sirop bouillonnant | et flot de grenadine,
Le chamois, éternel | troubadour en ballade,
ParaĂźt serein, gaillard | pour battre la chamade.
Dans ce parc, oĂč veillent | de joyeuses avelines,
OrnĂ©es de soie, parĂ©es | dâallĂšgres capelines,
Drapées de tuniques, | de chasubles divines
Sâempourprent tel un feu | dâĂ©tranges zibelines.
AussitĂŽt que mon cĆur | connaĂźtra le silence,
Jâirais dans cet Ă©den | de la pureËœ innocence,
Et je me cacherais, | sans cri, sous les boisseaux,
Afin de mâassoupir | Ă cĂŽtĂ© des oiseaux.
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