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đŸš€âœˆâ›”16 - Nulle part ailleurs

Le mercredi 30 septembre 2020 à 17:51, posté par FRANCOIS · 39 lectures

Illustration du poĂšme « đŸš€âœˆâ›”16 - Nulle part ailleurs »
Sans contredit, ce satellite illusoire et préoccupant frigorifiait mon anatomie,
et je savais Ă  juste titre, que je n’étais qu’un phlegmon indĂ©sirable, non
conforme aux prescriptions conventionnelles, et comme je me sentais de
trop, il était convenu que mon misérable strapontin était devenu un siÚge
Ă©jectable, en quelque sorte pour les personnes bien pensantes, je n’étais
qu’un macchabĂ©e ressuscitĂ© et galvanisĂ©, un Ă©trange zombi enfantin et
simplet, un revenant vacillant, dont la subjectivitĂ© fantomatique n’avait pas
choisi le bon endroit et la période adéquate pour venir au monde.




En cet hégire impitoyable et barbare chaperonné par le despotisme financier
et budgĂ©taire, l’humanitĂ© sauvage et dĂ©cadente n’est plus qu’un dĂ©sert
aride et brĂ»lant, corrodĂ© par les infamies et les guerres, oĂč chaque ĂȘtre
opprime et prĂ©sure son voisin, dans cette cruelle vĂ©nerie, et oĂč tous les
arquebusades délictueuses et répréhensibles sont autorisées, voilà pourquoi
je ne pourrais trouver la pleine béatitude dans ce charnier nauséabond.



Dans aucun autre endroit, nulle part ailleurs, je ne pourrais trouver le
repos absolu, car je suis une Ăąme taraudĂ©e et scrofuleuse, en quĂȘte d’un
idĂ©al inaccessible, d’un songe chimĂ©rique, que je n’atteindrais jamais, mĂȘme
si l’esprit libre culmine et voltige au-dessus des cimes vertigineuses et
perdurables, que la raison compacte ne pourra point surplomber.




Aucun canevas, plan, | ouvrageËœ ou dictionnairÂŹe

Ne pointeËœ un univers, | plutĂŽt visionnaire

D’un zoo sĂ©millant, pour | les enfants trĂ©pidants,

AnimĂ© par phĂ©nix, | licornesËœ et Ă©lĂ©phants.



Jamais, en cet endroit, | le créateur ne migre.

Ce coin est un site | pour escaleËœ et relĂąche,

OĂč s’accordent zĂ©bus, | impala, gnou, et tigre,

S’unissant pour finir | une notable tñche.



Dans ce nid, oĂč vivent, | en paix, les continents,

PrĂ©domineËœ un climat | de parfaiteËœ harmonie,

Car en ce lit joyeux | interdit aux serpents,

PapillonneËœ un soupçon, | un grain de symphonie.



Forcément, le lion, | en excellent monarque,

Avec dextĂ©ritĂ©, | guideËœ et conduit sa barque,

Entend les plaidoyers, | geignements et remarques,

Et dans sa rĂ©serve, | quĂȘte conseil aux Parques.



En ce point, tous les jours | sont de joyeux dimanches.

Les minutes semblent | se maintenir aux branches

PoudrĂ©es des pĂ©nates, | rĂ©ceptaclesËœ et cabanes

Enlacés de festons | ivres de badianes.



Sans bruit fusent des tirs | soignés en artifices

Pour fĂȘter des noces | sublimes de dĂ©lices

Rimées par folklores, | musiques, récitals,

Chants d’exaltation | pour bals et festivals.




Un gai flamant rose | soutenu par rambarde

Lutine flĂ»teËœ Ă  bec | ocarina, guimbarde.

Un pimpant rossignol | magnifie son aubade

ConfirmĂ©e d’ambroisie, | d’anis et d’orangeade.



DĂšs qu’émulsion, lait, | gel cosmĂ©tique farde

Divine coquineËœ en | mousseline : l’outarde

Fleurit la vitrine. | Quoique son galant tarde,

L’oie du Capitole | cristallise la garde.



Dans leurs polychromes | livrées, les bouquetins,

Experts érudits pour | assurer les festins,

Promeuvent dans l’éther | des torrents de corbeilles

Gonflées de groseilles, | de cerises vermeilles.



Ânes, mustangs, tarpans, | hĂ©miones nomades

S’abreuvent lentement | aux puits de limonades,

Et pour ingurgiter | des substances légÚres

Grappillent fourrages, | délicates fougÚres.



De leur ambleËœ enjĂŽleuse, | d’agrĂ©ables girafes

Servent des amphores, | cratĂšres, brocs, carafes.

Cinq renards éméchés, | à foison, goguenards

S’exercent mollement | aux concours de hasards.



De pudibonds oursons | caressent les margelles,

Sous strictes tutelles | nettement maternelles.

En douces grisettes, | de novices gazelles,

Aux regards alanguis, | songent sur balancelles.



Tandis que le secret | caracole˜ et badine,

Dans sirop bouillonnant | et flot de grenadine,

Le chamois, éternel | troubadour en ballade,

ParaĂźt serein, gaillard | pour battre la chamade.



Dans ce parc, oĂč veillent | de joyeuses avelines,

OrnĂ©es de soie, parĂ©es | d’allĂšgres capelines,

Drapées de tuniques, | de chasubles divines

S’empourprent tel un feu | d’étranges zibelines.



Aussitît que mon cƓur | connaütra le silence,

J’irais dans cet Ă©den | de la pureËœ innocence,

Et je me cacherais, | sans cri, sous les boisseaux,

Afin de m’assoupir | Ă  cĂŽtĂ© des oiseaux.
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