Aller au contenu
MesPoÚmes.net Créer mon site de poésie

nouvelles-poésies-intérieures

â€đŸ˜‰đŸŒč18 – Requiem post-mortem

Le dimanche 4 octobre 2020 à 13:26, posté par FRANCOIS · 47 lectures

Illustration du poĂšme « â€đŸ˜‰đŸŒč18 – Requiem post-mortem »
Par-dessous-tout, ne vous accordez pas pour présupposer, que je détiens les

clĂ©s d’un esprit scientifique, aussi je ne taquinerais point le cadran solaire en

entreprenantla classification studieuse des cinq cents espÚces de bactéries,

confortable installées dans mes entrailles.





Ces impertinentes bactĂ©ries s’approprient ma cavitĂ© buccale sans vergogne,

puis pĂ©nĂštrent mon Ɠsophage de façon intrusive, s’aventurent dans mon

estomac sur la pointe des pieds, et s’introduisent insidieusement dans mon

colon.




Je n’aurais pas assez d’une existence pour paramĂ©trer une souscription

nationale, prédestinée à contrecarrer ce déluge de cent mille milliards

d’envahisseurs, dont lasupĂ©rioritĂ© est dix fois plus importante que l’ensemble

de mes cellules.




Je suis Ă  peine finaud, nĂ©anmoins, il m’arrive d’épingler la comprĂ©hension de

cette dĂ©fection d’énergie, qui me brutalise, dĂšs potron-minet, lorsque le signal

sonore du réveille matin vint percuter violemment mon conduit auditif.





Instantanément, au saut du lit, je suis contraint de supporter, quotidiennement,

une surcharge pondérale avoisinant deux kilogrammes de microbes, aussi

depuis le jour de ma naissance, j’ai en acheminĂ© quarante-six mille deux cent

vingt-cinq, sans avoir touchĂ© le moindre centime d’euro pour ce fastidieux

travail, c’est trop injuste.





Ces infections brochĂ©es| de fibres d’égocentrisme,

Ces portunes océaniques, | étrilles tentaculaires,

Dont les perpétuelles | profusions cellulaires,

S’attaquent violemment | aux tissus de l’organisme,

Lui enjoignent de pareil | damnation et tourment,

Qui lui voue sans relĂąche| tout effroyable moment.




Ces nombreuses et profondes | contagions souterraines,

Ces mouvantes racines | d’origines tubĂ©reuses,

Et ces proéminences | de genÚses impétueuses,

Qui la muent en fugaces | et fragiles porcelaines,

Et la guident sans remord | vers une lente agonie,

RemodĂšlent sa vigueur | en une pĂąle atonie.




Et sous les contentions | conjointes de ces rhizomes,

Les orchidées se fanent | en bouleversants fantÎmes.

DĂšs que le dĂ©labrement | s’infĂ©ode Ă  bout de force,

Pour priver sans vergogne | les grumes de leur écorce,

AussitĂŽt, il faut savoir | surjeter les parenthĂšses,

Et ne plus élaborer | de livresques hypothÚses.




Certes, cette thérapie | de conception insigne,

Ainsi que ces mascottes, | talismans, grigris, pendules,

Et fétiches clandestins, | nébuleux et ridicules

Vilement, se plient devant | cette frénésie maligne,

Qui changent subitement | un paradis en enfer,

Sous l’agissement total | et tropical du cancer.




Oh ! douce, délectable, | petite hellébore verte,

Dont la mythologique | délivrance à peine ouverte

Était jubilation, | agrĂ©ment et dĂ©couverte,

Un avenir assassin | a prédestiné ta perte.

Souvent, dans cet accablant | soupir, elle geint et pleure,

Mais, l’abjecte gĂ©henne | se cristallise et demeure.




La douleur dilapide| cette auguste silhouette,

Plus vive et aĂ©rienne | qu’une folle pirouette,

Aux cheveux étincelants | et légÚrement frisés.

Ce n’est plus qu’un’ Ă©tique et | consternante girouette,

Cruellement cahotĂ©e | de mĂȘme qu’une mouette

Aux défuntes chimÚres, | aux feus horizons brisés.



Pourtant ! ainsi - q’un basset | sĂ©journant Ă  son chevet,

Il livre combat, guerroie | pour paralyser les chutes,

Depuis une avalanche | de secondes, de minutes.

Ce fait n’engendrera pas | le plus fin entrefilet.

Nul sujet ne paraĂźtra, | dans la babillarde presse,

Pour écrire et relater | des siÚcles de détresse.




Il subit les souffrances, | qu’elle cautionneËœ et endure.

Il boit son invective, | puis déglutit son injure.

Il accepte camouflet | blasphĂšme, soufflet, offense,

Car devant le navrement, | il se raidit sans défense,

Car cette affection va | profaner une jeunesse

VĂȘtue de prĂ©visions | et munie d’une promesse.




Quand en signe de malheur, | un pavillon noir en berne,

Est hissé à mi-hauteur, | et que loin de la taverne,

Un vaillant navigateur | en perdition et transport

Coule, sombre, chavire | sur les ondes de la mort,

Le nautonier s’éclipse | lors du dernier voyage,

Sans jamais reconquérir | calanque, baie ou rivage.




Son haro de désespoir | résonne comme un écho

Pourvu pour démanteler | les remparts de Jéricho.

Christ miséricordieux | entends, écoute sa voix,

Dissipe ce Golgotha | fait d’épines et de croix,

Afin de le soustraire | d’un irrĂ©cusable choix,

Car sa rédemption vaut | une infime once de noix.




Eh ! toi, suprĂȘme recours, | qui dans sa mansuĂ©tude

Cache et voile les nantis | par ferme sollicitude,

Et qui devant les puissants | se prosterne et s’extasie,

Intronise un rùglement | permettant l’euthanasie,

Et ne jette pas l’homme | dans le dĂ©dale d’un gouffre,

Mais, amnistie l’indigent | qui geint, se repent et souffre.
Note : 10/10 (2 votes) · connectez-vous pour noter

2 commentaires

worrell02 · le lundi 5 octobre 2020 à 07:03

Bonjour François,
Un texte qui laisse sans voix.
Mais, les voies du Seigneur sont impénétrables.
Amicalement,
Ivy

DOLENC · le vendredi 30 octobre 2020 à 20:34

De toute beauté, que dire de plus !
Bisous
Assunta

Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.