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Home... no sweet home

Le mardi 28 avril 2015 à 12:46, posté par Pierre · 385 lectures

Depuis qu'il est ici, c'est la mort qu'il fenêtre
Car ses enfants l'ont mis en maison de repos ;
Mais le vieillard, lui, dit plutôt des entrepôts...
Il n'aime pas l'allant qu'il voit par la fenêtre.

L'homo civitatis est un fruit de la rue
Qui n'a pas de maison, il habite une tour ;
Il ne voyage pas, il s'en va faire un tour,
Oui, mais il n'y "va" pas ! non, il fonce, il se rue !

La fièvre de la ville est un feu qui le tue
Mais il sait que bientôt, s’achèvera le jour
Et que, dans son village,il sera de retour ;
L'invivable clameur, enfin, se sera tue.

Il n'aura que le bruit de la sorgue qui tombe
Pour venir perturber l'innocence du soir,
Et quand, sous son vieux chêne, il reviendra s'asseoir,
Le crépuscule aura la douceur de la tombe.

Tout au long de ses nuits, il ne dort pas, il veille,
Il rejoint son passé, retrouve ses défunts,
De ses bonheurs d'antan, respire les parfums...
Et chaque lendemain est semblable à la veille.

Thèmes : Mort et deuil Le temps qui passe La ville

6 commentaires

domidom · le mercredi 29 avril 2015 à 10:34

Comme toujours j'aime te lire, des mots simples, des vers profonds, il y a dans ce poème quelque chose de puissant, " Comme l'oiseau, ce vieillard ne veut pas d'une cage, une seule chose compte pour lui, c'est vivre de liberté"....
Beaucoup d'émotions tout au long de ces vers...
J'ai adoré....
Domie/domino

Nemo · le mercredi 29 avril 2015 à 17:44

Merci Domie, et c'est d'autant plus triste que ce vieux monsieur se retrouve en ville alors qu'il a passé sa vie à la campagne.

Philip (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 29 avril 2015 à 19:05

Magnifique, mon cher Pierre, car il y a dans ce poème de la simplicité qui sert toute l'émotion du thème. C'est un poème....mais ce sont des choses à méditer. La poésie sert à ça, aussi ! Amitiés. Philip.

Nemo · le jeudi 30 avril 2015 à 20:35

Merci mon cher Philip. Tu as raison et la poésie, comme la vie, peut voir des moments sérieux suivre des instants de frivolité. Heureusement. A bientôt.

Micheline 1940 · le lundi 11 mai 2015 à 04:51

Un émouvant poème qui me parle intensément. Votre belle écriture et ce qui en découla, l'émotion survenue à cette lecture m'ont émue jusques aux larmes ... car déraciner une personne d'âge, est un crime qu'elle ne peut surmonter !
Bravo cher Pierre, pour ce bel exercice qui a atteint son but !
Bien amicalement, M.

violette · le lundi 18 mai 2015 à 14:41

oui hélas
beau poème

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