CARTE POSTALE METAPHYSIQUE DE CASTILLE 1957
CARTE POSTALE METAPHYSIQUE DE CASTILLE 1957
L’été
dans leur champ ils moissonnent.
Elle et lui,
large chapeau de paille sur la tête sous le soleil brûlant.
Elle, blouse et tablier noir,
trottine derrière son gros cheval qui tire le timon.
Parfois elle agite son bâton en bois d’olivier.
Lui, s’occupent des deux mulets, qui avancent pesamment.
Ils ne se parlent pas, affairés à leur travail.
De temps en temps ils lancent de brefs cris aigus pour diriger les bêtes.
Des brindilles voltigent dans la poussière au raz du sol.
C’est l’écrasement dans la fournaise de l’été.
Au milieu du champ se dresse une meule. Elle grandit.
C’est le signe que l’ouvrage progresse, malgré la lenteur, la fatigue harassante.
Au bord du champ,
il y a un long mur qui n’en finit pas.
Le mur du cimetière.
Derrière le mur, on devine les grandes sépultures.
Et trois cyprès dont la ramure fait comme une flamme d’ombre dans le ciel si bleu.
Le soleil décline.
Les deux paysans regagnent leur ferme.
Sur le chemin blanc de cailloux,
leur tombereau chargé de foin grince et balance dangereusement
comme une lourde barque.
Les cyprès ont changés de couleur.
Ils sont maintenant dorés dans la lumière du crépuscule.
Il n’y a vraiment qu’un petit mur
pour séparer les hommes de la vie et de la mort.
RAOUL
L’été
dans leur champ ils moissonnent.
Elle et lui,
large chapeau de paille sur la tête sous le soleil brûlant.
Elle, blouse et tablier noir,
trottine derrière son gros cheval qui tire le timon.
Parfois elle agite son bâton en bois d’olivier.
Lui, s’occupent des deux mulets, qui avancent pesamment.
Ils ne se parlent pas, affairés à leur travail.
De temps en temps ils lancent de brefs cris aigus pour diriger les bêtes.
Des brindilles voltigent dans la poussière au raz du sol.
C’est l’écrasement dans la fournaise de l’été.
Au milieu du champ se dresse une meule. Elle grandit.
C’est le signe que l’ouvrage progresse, malgré la lenteur, la fatigue harassante.
Au bord du champ,
il y a un long mur qui n’en finit pas.
Le mur du cimetière.
Derrière le mur, on devine les grandes sépultures.
Et trois cyprès dont la ramure fait comme une flamme d’ombre dans le ciel si bleu.
Le soleil décline.
Les deux paysans regagnent leur ferme.
Sur le chemin blanc de cailloux,
leur tombereau chargé de foin grince et balance dangereusement
comme une lourde barque.
Les cyprès ont changés de couleur.
Ils sont maintenant dorés dans la lumière du crépuscule.
Il n’y a vraiment qu’un petit mur
pour séparer les hommes de la vie et de la mort.
RAOUL
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1 commentaire
domidom · le mercredi 9 mars 2011 à 20:27
Il me rappelle toute ma jeunesse...
Les mulets, les moissons, les charrettes de foin, j'ai même accompagné mon père qui labourait avec les derniers boeufs...
Dieu que ceci est loin, un retour au passé bien agréable...
Amitiés...
Domie...
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