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Théâtre Mame-Egning!

Un Homme Noir

Le mercredi 2 juillet 2008 à 11:07, posté par Théâtre Mame-Egning! · 277 lectures

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 Théâtre Mame-Egning ! pour A Nue Productions, juin 2008. Tous droits réservés.


Titre : Un Homme Noir

Auteur : A Nue Productions - Théâtre Mame-Egning!

Mail : [email protected]

Genre : Monologue Poétique

Durée : Environ 20 minutes, selon la mise en scène.

Décor : Une scène nue dans la pénombre

Costumes : Tenue ordinaire mais reflétant un personnage ambigu et désaxé.

Distribution : Un homme

Public visé : Adulte et adolescent

Résumé : Un ombre, sombre par l’esprit, expose les tourments qu’il a pu infliger à ses victimes.

Remarque : Les crimes d’une personne n’ont rien à voir avec ce qu’il est mais avec ce qu’il fait !















Un hommes est assis au milieu de la scène. Son dos est tourné aux trois quart vers les spectateurs. Son dos, sous une lumière particulière, est noir, large et musclé. Sa tête est baissée, on ne voit même pas le cou.

Homme Noir, âme sombre, spectacle des ténèbres
Homme Noir, ombre fondue, nature cannibale
J’existe par ces dires !
Je suis noir, sombre, fondu et caché
Trachée ouverte, couvert de sang insipide
Ongles arrachés, je racle cette pente rocailleuse
Cette punition, ce délire, cet abject…

Les épaules de l’homme s’affaissent.

Abattu, exploité comme une forêt hostile
Mon être à moitié, s’est vidé de sa sève
Je compte les jours, j’ignore les mois
Ce que font les saisons, ce qu’en disent les ans.

Des soupirs.

De mes mains, grandes et splendides
De toutes mes mains, puissantes et audacieuses
Emplit de rage, agiter par l’extase du meurtre
Je lui ai brisé le cou
Arraché la gorge, planté mes dents
Sans précipitation, sans à coup
De la chair sanguinolente à pleines dents

Elle m’avait aimé, une nuée de pluie sur les prairies
Elle m’avait guidé, où on marche les yeux fermés
Tête basse, cœur humble, esprits en diapason
J’ai revu son visage sans aimer son regard
J’ai caressé cet organe, cette gorge si vibrante
J’ai tressaillis, de mes mains je l’ai brisé

Ignoble et noir, j’au dû payer la faute
Inconstant ou incompris, seul j’ai vécu

Silence. Il soupire en un haussement d’épaules.

J’ai pu aimer un vivant
Un corps d’homme, habité de force !
Mon âme, par surprise, a grelotté
Ce souffle frais, c’est la vie qui revient
Je hais l’amour mais j’aime le corps
J’ai aimé sa chair, cette odeur de peau
J’ai haï ses souffrances, ces doutes qui nous suppriment
J’ai convoité ses faiblesses, plus que nos plaisirs de chairs
Que de mes mains, je luis ai arraché le cœur
Aaah !


L’homme se lève brusquement, la tête vers le ciel. Un peu d’éclaircit apparaît. Il a le crâne rasé et la peau Blanche.

Je hais l’amour que je déteste tant
Habité, exploité, possédé…jamais ravi
Quand un jour cette jeune fille m’a trahi
Une peau huileuse, des airs divins
Un visage splendide, ce corps agréable
Imparfait, la chienne !

L’homme a une moue dégouttée.

Dans ses creux, quelle chaleur…
Un Sahara !
Corps agréable, mais habité
La fournaise, ô la chienne
Cette odeur de peau, emmêlée d’une autre
Cette palpitation de deux vies
Que par la lame j’ai su taire
J’ai pu taire.

Il lève se main gauche comme s’il allait la regarder mais ne la regarde pas.

Homme noir, âme assombrit pour le sang
De néant en béant, un chacal inébranlable
Par monts, au sommet des géhennes
Je bannis, jette vos trésors
Je hais l’amour pour la noblesse des sommeils
Que cherchent-ils ? Ivrognes sentimentaux
Ils squattent mon chemin.

RIDEAU
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