FÊTES DE BRUME

La salle de banquet avait été parée.
Et depuis le matin, les grandes tables dressées.
Par les mains calleuses des servantes affairées.
Tandis qu’on accrochait les oriflammes brodées.
C’était il y a longtemps, jeune fou, longtemps…
En ces nuits là, les elfes tendaient des guets-apens.
Les incubes lubriques s’accrochaient aux croyants.
Dévorant les âmes dans les bois environnants.
Mais en ce jour là, ce n’était pas le souci.
car depuis la veille on essayait les habits.
Et l’on avait sûrement bien d’autres choses en tête.
Car, de toute l’année, c’était la plus belle fête.
Les bannières suspendues flamboyaient de couleurs.
Illuminées des torchères clamant leurs grandeurs.
Les verres de cristal, les plats d’argents, scintillaient.
Par les flammes de mille bougies qui vacillaient.
Les coupes de vermeil, les aiguières rebondies…
Ici on pendait des feuilles de houx, là du gui.
on riait, on s'hélait, un bonheur impatient…
Tandis que les soubrettes pouffaient en s’enfuyant.
On accrochait aux murs les belles tapisseries…
Sur les tables, disposait la vaisselle ciselée.
Les candélabres dorés, les fines orfèvreries…
Et les musiciens revêtaient leurs costumes brodés…
Les fumets s’échappaient des cuisines buyantes.
Fragrances montant des marmites bouillonnantes.
Des rires, les chahuts des cuisiniers empressés.
Faisant rissoler, poulardes, oies, hérons cendrés.
Cliquetis des broches où grésillaient des saucisses.
ça sentait bon la menthe, le miel et les épices.
Dans la cheminée brûlaient des quartiers de bois,
Tandis qu’au dehors la neige tombait sur les toits.
Au sortir de l’office, les étoiles de diamants…
La musique des cloches s’éparpillant au vent…
Les grelots des mules dans cette féerie glaciale…
Semblaient prolonger les psaumes de l’abbatiale.
Le corps transi mais l’âme encore transportée,
Tous entraient enfin au château illuminé.
On se frottait les mains en humant, l’œil joyeux…
Et les enfants couraient ébahis et heureux.
Les nobles seigneurs avaient mis leurs beaux atours.
Les belles dames leurs pelisses de zibelines,
Sur des riches brocarts des soieries les plus fines...
L’on riait, caquetait gaiement, touts alentours.
Sous les gonfalons flamboyants d’or et d’azur,
Les pourpoints de velours garnis de fières parures….
La grande salle scintillait de mille couleurs.
Les ménestrels, les éclats de rires, les jongleurs…
les pages galants, les coquines embrassades…
Venus de flacons rubis, de vins en cascades…
Les pâtés odorants, les sauces en grand veneur…
Les carafes d’alcool flambantes de toutes couleurs.
L’on a chanté sous la voûte résonnante.
Accompagné des fifres, des musiques dansantes.
Une bonne humeur de fête… une nuit magique.
Un Noël de lumière… Une soirée féérique…
L’on A dansé toutes ces folles farandoles…
Se tenant par la main, enfiévrés et frivoles…
Des couples se faisaient, se promettant l’amour,
Riaient, comme si cela devait durer toujours.
Les gueux en grand nombre assis dans les galeries.
Le dos appuyé au mur, sous leur cape, blottis.
Tandis qu’au dehors le vent soufflait, glacial.
Ecoutaient du lointain les musiques du bal.
Mais… le temps sur tous jette ses sortilèges.
Comme si le vent pressé soufflait sur la neige…
C’était il y a longtemps, jeune fou, longtemps…
Qu’en reste-t-il ? Seul le silence est éloquent…
Quelques morceaux de murs éventrés, enlierrés
Le donjon, la grande salle, se sont effondrés…
Le vent fait maintenant battre une porte disjointe…
à l’heure du hibou, entends-tu, sa complainte ?
Les herbes sèches, les rocailles, encombrent les seuils…
Quelques tombes oubliées recouvertes de feuilles…
Les pluies d’hiver lavent les pierres vêtues de mousses…
Comme des larmes, sous les nuages que le vent pousse…
les années sont amnésiques… Rêves et murmures…
Chut… Quelques vieilles âmes hantent encore ces murs.
Opalescence d’antiques fantômes… hérétiques…
Ecoute… il me semble entendre encore la musique…
yvan
Et depuis le matin, les grandes tables dressées.
Par les mains calleuses des servantes affairées.
Tandis qu’on accrochait les oriflammes brodées.
C’était il y a longtemps, jeune fou, longtemps…
En ces nuits là, les elfes tendaient des guets-apens.
Les incubes lubriques s’accrochaient aux croyants.
Dévorant les âmes dans les bois environnants.
Mais en ce jour là, ce n’était pas le souci.
car depuis la veille on essayait les habits.
Et l’on avait sûrement bien d’autres choses en tête.
Car, de toute l’année, c’était la plus belle fête.
Les bannières suspendues flamboyaient de couleurs.
Illuminées des torchères clamant leurs grandeurs.
Les verres de cristal, les plats d’argents, scintillaient.
Par les flammes de mille bougies qui vacillaient.
Les coupes de vermeil, les aiguières rebondies…
Ici on pendait des feuilles de houx, là du gui.
on riait, on s'hélait, un bonheur impatient…
Tandis que les soubrettes pouffaient en s’enfuyant.
On accrochait aux murs les belles tapisseries…
Sur les tables, disposait la vaisselle ciselée.
Les candélabres dorés, les fines orfèvreries…
Et les musiciens revêtaient leurs costumes brodés…
Les fumets s’échappaient des cuisines buyantes.
Fragrances montant des marmites bouillonnantes.
Des rires, les chahuts des cuisiniers empressés.
Faisant rissoler, poulardes, oies, hérons cendrés.
Cliquetis des broches où grésillaient des saucisses.
ça sentait bon la menthe, le miel et les épices.
Dans la cheminée brûlaient des quartiers de bois,
Tandis qu’au dehors la neige tombait sur les toits.
Au sortir de l’office, les étoiles de diamants…
La musique des cloches s’éparpillant au vent…
Les grelots des mules dans cette féerie glaciale…
Semblaient prolonger les psaumes de l’abbatiale.
Le corps transi mais l’âme encore transportée,
Tous entraient enfin au château illuminé.
On se frottait les mains en humant, l’œil joyeux…
Et les enfants couraient ébahis et heureux.
Les nobles seigneurs avaient mis leurs beaux atours.
Les belles dames leurs pelisses de zibelines,
Sur des riches brocarts des soieries les plus fines...
L’on riait, caquetait gaiement, touts alentours.
Sous les gonfalons flamboyants d’or et d’azur,
Les pourpoints de velours garnis de fières parures….
La grande salle scintillait de mille couleurs.
Les ménestrels, les éclats de rires, les jongleurs…
les pages galants, les coquines embrassades…
Venus de flacons rubis, de vins en cascades…
Les pâtés odorants, les sauces en grand veneur…
Les carafes d’alcool flambantes de toutes couleurs.
L’on a chanté sous la voûte résonnante.
Accompagné des fifres, des musiques dansantes.
Une bonne humeur de fête… une nuit magique.
Un Noël de lumière… Une soirée féérique…
L’on A dansé toutes ces folles farandoles…
Se tenant par la main, enfiévrés et frivoles…
Des couples se faisaient, se promettant l’amour,
Riaient, comme si cela devait durer toujours.
Les gueux en grand nombre assis dans les galeries.
Le dos appuyé au mur, sous leur cape, blottis.
Tandis qu’au dehors le vent soufflait, glacial.
Ecoutaient du lointain les musiques du bal.
Mais… le temps sur tous jette ses sortilèges.
Comme si le vent pressé soufflait sur la neige…
C’était il y a longtemps, jeune fou, longtemps…
Qu’en reste-t-il ? Seul le silence est éloquent…
Quelques morceaux de murs éventrés, enlierrés
Le donjon, la grande salle, se sont effondrés…
Le vent fait maintenant battre une porte disjointe…
à l’heure du hibou, entends-tu, sa complainte ?
Les herbes sèches, les rocailles, encombrent les seuils…
Quelques tombes oubliées recouvertes de feuilles…
Les pluies d’hiver lavent les pierres vêtues de mousses…
Comme des larmes, sous les nuages que le vent pousse…
les années sont amnésiques… Rêves et murmures…
Chut… Quelques vieilles âmes hantent encore ces murs.
Opalescence d’antiques fantômes… hérétiques…
Ecoute… il me semble entendre encore la musique…
yvan
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