OXYDES DE GARGOUILLE

Accrochée à la corniche de la tour nord…
Accouplée à la pierre, toutes griffes dehors…
Gueule béante et noire, les cornes émoussées…
Giflée par les vents mauvais et les giboulées…
Je suis la gargouille démone… une excroissance…
Cramponnée à la cathédrale qui s’élance…
De son clocher de schistes plongeant dans les nues…
Je vois toute la ville et ses toits moussus.
Au bas, sur le parvis, vaque la populace…
Je les observe circuler, ombres fugaces…
Depuis les temps anciens, ces nuits à loups-garous…
Je regarde les siècles… et je me rie de vous.
Accrochée à mes nuées… de mes yeux de pierre
Je vous ai vu à mes pieds, fourmis éphémères…
Les sulfures du temps ont changé vos apparences…
Mais l’humain toujours garde sa transparence…
Ô, oui… je me souviens, des foires populeuses…
Les lumières d’été, les funérailles pluvieuses…
Les hiboux silencieux et les lunes gibbeuses…
Les toits neigeux et les cheminées fumeuses…
Les hivers d’antan m’ont enserré de leurs givres,
Quand montaient à moi les bruits des barricades…
Et les clameurs folles des soudards qui s’enivrent.
Les fanfares militaires, les cris des fusillades.
Je me souviens AUSSI… des Noëls joyeux…
Quand la voûte résonnait des échos lumineux..
Tous les croyants claironnaient les psaumes, exaltés..
Et très vite délités dans les brumes du passé.
Les ans ont défilé, les lichens m’ont couvert…
Comme les fantômes qui la nuit autour de moi errent…
Cherchant dans la cité quelques âmes délétères.
Car bien vite pour eux, je devins le repère.
J’ai tellement vu de générations tombantes…
Et qui vivaient sensuelles et tonitruantes…
Jouissant au passage des modes de cristal.
« Carpe Diem. » clamaient-elles, en un cœur magistral…
Mais maintenant que par tous mes siècles enseignée…
Enveloppée des brumes des ans… misanthropique…
Quand je vois passer toutes ces ombres chimériques…
Je sais qu’en mon âme de calcaire… j’oublierai…
Je connais aussi les instants sacramentaires…
Je sens vibrer les pierres quand pénètrent les éthers.
Ce sont les bâtisseurs du passé, les artisans…
Qui viennent s’abreuver au souvenir des ans…
Je sais les résonances et les échos fanés.
comme des courants d’air caressant les piliers…
Celui qui n’a vu les gargouilles rirent entre-elles …
L’or des nuits de sarabandes, des sabbats rituels…
Celui qui ne les entend jamais chuchoter…
Pendant les pluies d’automne, dégoulinantes d’eau…
Quand le soir, funeste linceul, vient de tomber …
Ne sait pas que je le regarde, moi, tout là-haut…
Les cloches, philosophes, résonnent de l’air du temps….
Celui qui ne ressent rien du monde envoûtant…
N’a pas d’âme, triste esprit, il ne sent pas le vent…
Je suis la gargouille… patiente, âcre, je vous attends…
Yvan
Accouplée à la pierre, toutes griffes dehors…
Gueule béante et noire, les cornes émoussées…
Giflée par les vents mauvais et les giboulées…
Je suis la gargouille démone… une excroissance…
Cramponnée à la cathédrale qui s’élance…
De son clocher de schistes plongeant dans les nues…
Je vois toute la ville et ses toits moussus.
Au bas, sur le parvis, vaque la populace…
Je les observe circuler, ombres fugaces…
Depuis les temps anciens, ces nuits à loups-garous…
Je regarde les siècles… et je me rie de vous.
Accrochée à mes nuées… de mes yeux de pierre
Je vous ai vu à mes pieds, fourmis éphémères…
Les sulfures du temps ont changé vos apparences…
Mais l’humain toujours garde sa transparence…
Ô, oui… je me souviens, des foires populeuses…
Les lumières d’été, les funérailles pluvieuses…
Les hiboux silencieux et les lunes gibbeuses…
Les toits neigeux et les cheminées fumeuses…
Les hivers d’antan m’ont enserré de leurs givres,
Quand montaient à moi les bruits des barricades…
Et les clameurs folles des soudards qui s’enivrent.
Les fanfares militaires, les cris des fusillades.
Je me souviens AUSSI… des Noëls joyeux…
Quand la voûte résonnait des échos lumineux..
Tous les croyants claironnaient les psaumes, exaltés..
Et très vite délités dans les brumes du passé.
Les ans ont défilé, les lichens m’ont couvert…
Comme les fantômes qui la nuit autour de moi errent…
Cherchant dans la cité quelques âmes délétères.
Car bien vite pour eux, je devins le repère.
J’ai tellement vu de générations tombantes…
Et qui vivaient sensuelles et tonitruantes…
Jouissant au passage des modes de cristal.
« Carpe Diem. » clamaient-elles, en un cœur magistral…
Mais maintenant que par tous mes siècles enseignée…
Enveloppée des brumes des ans… misanthropique…
Quand je vois passer toutes ces ombres chimériques…
Je sais qu’en mon âme de calcaire… j’oublierai…
Je connais aussi les instants sacramentaires…
Je sens vibrer les pierres quand pénètrent les éthers.
Ce sont les bâtisseurs du passé, les artisans…
Qui viennent s’abreuver au souvenir des ans…
Je sais les résonances et les échos fanés.
comme des courants d’air caressant les piliers…
Celui qui n’a vu les gargouilles rirent entre-elles …
L’or des nuits de sarabandes, des sabbats rituels…
Celui qui ne les entend jamais chuchoter…
Pendant les pluies d’automne, dégoulinantes d’eau…
Quand le soir, funeste linceul, vient de tomber …
Ne sait pas que je le regarde, moi, tout là-haut…
Les cloches, philosophes, résonnent de l’air du temps….
Celui qui ne ressent rien du monde envoûtant…
N’a pas d’âme, triste esprit, il ne sent pas le vent…
Je suis la gargouille… patiente, âcre, je vous attends…
Yvan
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1 commentaire
Michel (Signes de Vie) · le vendredi 28 novembre 2008 à 17:35
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