FRISSONS DE REBELLE

Quand la nuit monte de l’horizon, silencieuse.
Et qu’elle roule ses ombres jusqu’au fond de la vallée,
Où sussurrent de sombres ruisseaux aux eaux boueuses,
Et hululent tous ces oiseaux aux regards hantés.
Sur le miroitement noir des eaux de l’étang,
Accrochés aux halos nacrés des brumes naissantes,
Un ballet fou, heurté, des vampires voletants,
Que dévoile, impudique, la lune pâle et tremblante.
Les cris de la nuit m’appellent, m’envahissent l’âme.
Chuchotements feutrés des brouillards interdits.
Transi de froid, peut-être, ma poitrine s’enflamme.
Le vent murmure quelques lourds secrets endormis.
Gargouillis de sources perdues, rires lointains des fées.
Bien plus léger qu’un murmure de feuilles d’érables,
Quelques échos suspendus d’une journée fanée,
Semblent habités les creux tièdes des berges de sable.
Etendu sur les grandes mousses des hauts bois feuillus,
à écouter monter les sèves fécondes et dorées,
le clapotis cristallin d’une fontaine moussue,
de toutes mes trop nobles pensées, enfin libéré.
Toutes mes peines suspendues qui en moi palpitent,
et montent à l’assaut de ma raison blafarde.
Enfin libre, perdu, ivre des senteurs interdites,
mon âme musarde parmi les pensées paillardes.
Jesens monter en moi l’appel de la terre mère.
Me happent les fermentations acides des forets,
les exhalaisons vertes et suintantes des fougères,
macérations amères des limons de marais.
C’est, paraît-il, souvent en ces endroits fangeux,
que la nature distille ses poisons les plus suaves,
les pistils vénéneux leurs parfums capiteux,
et les envoûtement de nectars qui entravent.
Le vent se lève, je ne sais plus penser…
Maintenant enfin, la nuit frissonne, fiévreuse…
Ivre, folle aussi, virginale, hallucinée…
Immense, profonde, diamentaire, mystérieuse…
La nuit est en moi, elle me brûle la pensée…
Jusqu’au vertige, immensément transporté…
Derrière l’horizon des apparences dilué…
Dans l’immensité abyssale noyé…
Je sais que tout à l’heure, il me faudra être…
Dans l’irisation diaphane du jour, se soumettre…
Et qu’en mon âme s’épanouira le gris éveil.
Quand, enveloppé de brume, renaîtra le soleil
Se hissant, brûlant de l’aube encore endormie…
Natif, dans un écroulement de fusion d’or…
Arrachant ses racines de laves, sans un bruit,
Du ventre de la terre, du milieu de l’aurore…
Bien plus brûlante que vos rêves chante ma folie.
Plus loin que vos envies, mes fantasmagories.
Savez-vous que… Non… vous ne savez pas… pleurez !
Votre petit Prince, pourquoi l’avez-vous tué ?
Je vous ai maudit, lors me couchant sur les feuilles…
Vous, vos diplômes et vos chiens, vos maisons de pierres.
Je ne suis rien d’autre qu’une âme seule, emplie d’orgueil…
Mais je me nourris d’étoiles, de clarté lunaire.
Quand, le soir, je vais rejoindre le monde irréel.
Plus loin que vos regards, mes frissons de rebelles.
Et souvent les fées câlines veillent sur mon sommeil,
Alors, la lune m’ensorcelle, mon âme s’émerveille.
L’autre monde m’appelle… les voix extraordinaires…
Des cieux éblouissant, je rejoins les éthers…
Baigné parmi les étoiles, je ne fais plus qu’un…
Alors je ne suis plus seul… le ciel m’appartient.
Yvan
Et qu’elle roule ses ombres jusqu’au fond de la vallée,
Où sussurrent de sombres ruisseaux aux eaux boueuses,
Et hululent tous ces oiseaux aux regards hantés.
Sur le miroitement noir des eaux de l’étang,
Accrochés aux halos nacrés des brumes naissantes,
Un ballet fou, heurté, des vampires voletants,
Que dévoile, impudique, la lune pâle et tremblante.
Les cris de la nuit m’appellent, m’envahissent l’âme.
Chuchotements feutrés des brouillards interdits.
Transi de froid, peut-être, ma poitrine s’enflamme.
Le vent murmure quelques lourds secrets endormis.
Gargouillis de sources perdues, rires lointains des fées.
Bien plus léger qu’un murmure de feuilles d’érables,
Quelques échos suspendus d’une journée fanée,
Semblent habités les creux tièdes des berges de sable.
Etendu sur les grandes mousses des hauts bois feuillus,
à écouter monter les sèves fécondes et dorées,
le clapotis cristallin d’une fontaine moussue,
de toutes mes trop nobles pensées, enfin libéré.
Toutes mes peines suspendues qui en moi palpitent,
et montent à l’assaut de ma raison blafarde.
Enfin libre, perdu, ivre des senteurs interdites,
mon âme musarde parmi les pensées paillardes.
Jesens monter en moi l’appel de la terre mère.
Me happent les fermentations acides des forets,
les exhalaisons vertes et suintantes des fougères,
macérations amères des limons de marais.
C’est, paraît-il, souvent en ces endroits fangeux,
que la nature distille ses poisons les plus suaves,
les pistils vénéneux leurs parfums capiteux,
et les envoûtement de nectars qui entravent.
Le vent se lève, je ne sais plus penser…
Maintenant enfin, la nuit frissonne, fiévreuse…
Ivre, folle aussi, virginale, hallucinée…
Immense, profonde, diamentaire, mystérieuse…
La nuit est en moi, elle me brûle la pensée…
Jusqu’au vertige, immensément transporté…
Derrière l’horizon des apparences dilué…
Dans l’immensité abyssale noyé…
Je sais que tout à l’heure, il me faudra être…
Dans l’irisation diaphane du jour, se soumettre…
Et qu’en mon âme s’épanouira le gris éveil.
Quand, enveloppé de brume, renaîtra le soleil
Se hissant, brûlant de l’aube encore endormie…
Natif, dans un écroulement de fusion d’or…
Arrachant ses racines de laves, sans un bruit,
Du ventre de la terre, du milieu de l’aurore…
Bien plus brûlante que vos rêves chante ma folie.
Plus loin que vos envies, mes fantasmagories.
Savez-vous que… Non… vous ne savez pas… pleurez !
Votre petit Prince, pourquoi l’avez-vous tué ?
Je vous ai maudit, lors me couchant sur les feuilles…
Vous, vos diplômes et vos chiens, vos maisons de pierres.
Je ne suis rien d’autre qu’une âme seule, emplie d’orgueil…
Mais je me nourris d’étoiles, de clarté lunaire.
Quand, le soir, je vais rejoindre le monde irréel.
Plus loin que vos regards, mes frissons de rebelles.
Et souvent les fées câlines veillent sur mon sommeil,
Alors, la lune m’ensorcelle, mon âme s’émerveille.
L’autre monde m’appelle… les voix extraordinaires…
Des cieux éblouissant, je rejoins les éthers…
Baigné parmi les étoiles, je ne fais plus qu’un…
Alors je ne suis plus seul… le ciel m’appartient.
Yvan
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