DES LUEURS AU SCRIPTORIUM

Ils étaient douze hommes en une époque barbare.
Douze moines qu’une même foi habitait.
Abrités derrière les hautes pierres des remparts,
à la prière, leur vie entière ils se vouaient.
C’était une soirée sombre de fin d’automne.
Il avait plu toute la journée à sceaux….
Les gouttières n’avaient cessé leur chant monotone.
Et le toit du haut clocher dégoulinait d’eau.
L’abbaye semblait déserte, noyée de torpeur,
Prise sous les assauts de lierres ruisselants.
Point de mouvement, ombre mouillée, point de chants…
Seules, des baies du scriptorium, poignaient quelques lueurs.
La nature gémissait sous les morsures du vent.
Rageur, il projetait des feuilles mortes aux verrières.
On aurait dit des mains de spectres suppliant…
Des chimères voulant pénétrer le sanctuaire.
Ici le silence était une sainte parure…
Tout juste entendait-on le grattement des plumes,
Et le grésillement des cierges qui susurrent…
Flammes immobiles que l’ombre consume.
Seuls quelques îlots de lumière perçaient l’ombre…
Parmi des piles de livres noyées dans la pénombre.
Dans la grande salle froide baignée de silence,
Sentant les encres, les peintures aux milles nuances.
L’enlumineur rêvait dans son monde de beauté.
Il surlignait de pourpre une grande lettrine.
C’était un grand B, en deux registres historiés.
Rinceaux et entrelacs que les ors l’illuminent.
Il semblait figé, en ses gestes rares et précis…
Quelques fois, revenait, les yeux pleins de couleurs.
Béatus Qui, commençait la grande calligraphie…
Sur des saintes vies comtés par un chroniqueur.
C’était un endroit isolé du monde agité ;
une île parfaite de patience et de sapience,
C’était ainsi que les bâtisseurs l’avaient rêvé.
Un creuset de foi, de sainte luminescence.
Les chevets sentaient le cèdre, la cire, les sulfures…
Scintillements des ors, vibration des couleurs…
Fragrances acides des basanes des reliures…
Au clepsydre s’écoulaient lentement les heures.
Ils étaient douze moines érudits au scriptorium,
Qui s’appliquaient infiniment aux belles lettres.
C’était une soirée sombre de fin d ‘automne,
Et les feuilles mortes rageuses frappaient aux fenêtres.
yvan
Douze moines qu’une même foi habitait.
Abrités derrière les hautes pierres des remparts,
à la prière, leur vie entière ils se vouaient.
C’était une soirée sombre de fin d’automne.
Il avait plu toute la journée à sceaux….
Les gouttières n’avaient cessé leur chant monotone.
Et le toit du haut clocher dégoulinait d’eau.
L’abbaye semblait déserte, noyée de torpeur,
Prise sous les assauts de lierres ruisselants.
Point de mouvement, ombre mouillée, point de chants…
Seules, des baies du scriptorium, poignaient quelques lueurs.
La nature gémissait sous les morsures du vent.
Rageur, il projetait des feuilles mortes aux verrières.
On aurait dit des mains de spectres suppliant…
Des chimères voulant pénétrer le sanctuaire.
Ici le silence était une sainte parure…
Tout juste entendait-on le grattement des plumes,
Et le grésillement des cierges qui susurrent…
Flammes immobiles que l’ombre consume.
Seuls quelques îlots de lumière perçaient l’ombre…
Parmi des piles de livres noyées dans la pénombre.
Dans la grande salle froide baignée de silence,
Sentant les encres, les peintures aux milles nuances.
L’enlumineur rêvait dans son monde de beauté.
Il surlignait de pourpre une grande lettrine.
C’était un grand B, en deux registres historiés.
Rinceaux et entrelacs que les ors l’illuminent.
Il semblait figé, en ses gestes rares et précis…
Quelques fois, revenait, les yeux pleins de couleurs.
Béatus Qui, commençait la grande calligraphie…
Sur des saintes vies comtés par un chroniqueur.
C’était un endroit isolé du monde agité ;
une île parfaite de patience et de sapience,
C’était ainsi que les bâtisseurs l’avaient rêvé.
Un creuset de foi, de sainte luminescence.
Les chevets sentaient le cèdre, la cire, les sulfures…
Scintillements des ors, vibration des couleurs…
Fragrances acides des basanes des reliures…
Au clepsydre s’écoulaient lentement les heures.
Ils étaient douze moines érudits au scriptorium,
Qui s’appliquaient infiniment aux belles lettres.
C’était une soirée sombre de fin d ‘automne,
Et les feuilles mortes rageuses frappaient aux fenêtres.
yvan
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